350 collaborateurs, 70 millions de chiffre d’affaires, une soixantaine de boutiques dans le monde : Fusalp incarne avec succès le savoir-faire français dans le domaine de la mode.

Décideurs. Pouvez-vous présenter votre parcours ?

Sophie Lacoste-Dournel. Après l’obtention de mon master en sciences de gestion, j’ai d’abord intégré une banque londonienne. Très vite pourtant, j’ai quitté l’univers feutré des institutions financières pour les planches. Parallèlement, j’ai fait mes premiers pas sur scène et dans l’entreprise familiale Lacoste. J’ai eu la chance de siéger à différents boards jusqu’en 2012, année de vente de la société. Deux ans plus tard, mon frère, ma belle-sœur et moi-même rachetions la marque Fusalp.

Quelle était la stratégie derrière cette opération ?

En découvrant la marque, nous avons tout de suite perçu l’immense potentiel encore inexploité. Il y avait un créneau à prendre sur le segment du style croisé à la technicité, alliant confort et élégance. L’identité différenciante de la marque nous a séduits, et ses racines savoyardes, proches de celles de notre famille, ont achevé de nous convaincre. C’était une évidence.

Comment vous démarquez-vous sur un terrain si compétitif ?

Notre positionnement nous expose naturellement à être copiés, alors le meilleur moyen de nous protéger est d’innover. Ma belle-sœur, Mathilde Lacoste, est la directrice artistique. Elle est la garante de l’esprit Fusalp en matière de style. Notre laboratoire de recherche & développement réalise plus de 10000 tests par an afin de tenir la promesse de qualité de la marque tout en renouvelant les modèles.

"Notre positionnement nous expose naturellement à être copiés, alors le meilleur moyen de nous protéger est d’innover"

Être une entreprise familiale est-il un atout face à la concurrence ?

Travailler en famille est avant tout un plaisir, mais c’est aussi une manière de se projeter à moyen terme, de garder la tête froide et de penser collectif. C’est une grande chance d’entreprendre à plusieurs, surtout s’il y a des coups durs à surmonter. Notre capital compte également des personnes extérieures à la famille, dont un fonds d’investissement. Cela nous challenge autant que nous soutient dans notre développement, notamment aux États-Unis.

Vous avez ouvert trois boutiques il y a deux ans aux États-Unis. Où s’écrit la suite de l’histoire de Fusalp ?

Nous concentrons aujourd’hui nos efforts sur le marché américain, où nous venons de signer avec un agent de premier plan pour développer notre présence dans tous les grands magasins. Parallèlement, nous travaillons sur l’Asie, plus précisément le Japon et la Corée du Sud, en misant sur le soft power, en nous faisant connaître et en étant présents dans les enseignes multimarques. 50 % de notre chiffre d’affaires est réalisé sur notre collection de mode urbaine, mais l’activité reste très hivernale ; 75 % de notre CA se fait sur quatre mois. L’enjeu est également de développer des intersaisons beaucoup plus étoffées.

Propos recueillis par Marine Fleury

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