Romans, dernier Frédéric Martel et analyse de l'idéologie de Javier Milei. Retrouvez les quatre ouvrages qui retiennent notre attention en ce mois de juin.
Livres : voici notre sélection de juin 2026
Angle mort
Trois étudiants rejoignent sur un campus américain un groupe expérimental réservé aux "accidental killers", ces personnes ayant causé la mort d’autrui par accident. Tous portent le poids d’un drame : comment grandir lorsque l’on a tiré sur son frère à 4 ans ou qu’au même âge, on a allumé le gaz par mégarde et ainsi provoqué la mort de trois voisins ? Comment se construire lorsqu’on est coupable mais pas responsable ?
Pas de protocole, pas de groupe de soutien, et souvent cette seule réponse : "Ce n’est pas ta faute". Car la société accorde peu de place à ceux qui ne correspondent pas à l’image classique de la victime.
Pourtant, aux États-Unis, toutes les 18 minutes une personne en tue une autre sans le vouloir, rapporte Le Groupe. Il suffit parfois d’une seconde pour qu’une vie bascule et nul n’est à l’abri. Isabelle Lagarrigue explore un sujet aussi méconnu que profondément tabou, qui la touche intimement.
Le Groupe, d’Isabelle Lagarrigue, Récamier, 288 pages, 20,90 euros
Cartographie d’une haine
Frédéric Martel publie peu. Mais chacun de ses livres est un best-seller à l’échelle mondiale. Dans sa nouvelle enquête, il s’interroge sur la haine de l’Occident : qui sont ceux qui nous détestent ? Sur quoi se basent-ils ?
Comme à son habitude, l’essayiste a arpenté tous les continents, s’est entretenu avec des centaines d’intellectuels, d’activistes, de responsables politiques : Anticolonialistes, guévaristes, spin doctors de Poutine ou de Xi Jinping livrent au journaliste le fond de leurs pensées.
L’ouvrage met en exergue deux points cocasses : la fascination de certains intellectuels occidentaux pour ceux-là mêmes qui veulent notre perte. Mais aussi le fait que « défenseurs » et « ennemis » de l’Occident se nourrissent mutuellement et se ressemblent beaucoup.
Occidents - Enquête sur nos ennemis, de Frédéric Martel, Plon, 620 pages, 26 euros
Cheminer vers soi
Lorsqu’on lui propose une promotion, Marie prend sa fille sous le bras, quitte son mari, sa région et son travail pour devenir femme à tout faire dans un centre de formation. C’est à ce moment-là, et après un incident lors de sa prise de poste, qu’elle décide de franchir les portes du cabinet d’Hélène, une jeune psychologue. Le lecteur suit les consultations de la patiente, de sa manière de se mouvoir à son arrivée jusqu’à celle de clore la séance, en passant par les pensées qui la traversent.
Chaque chapitre s’achève sur un exercice pratique destiné à Marie, facilement reproductible chez soi. L’ouvrage met également en lumière les aspects théoriques de la psychothérapie, les analyses, mais aussi ce qu’un professionnel peut ressentir au fil des échanges, ce qu’ils révèlent de lui et les limites qu’il peut ou non franchir. L’autrice aborde ce duo si singulier, capable de faire surgir des questionnements et, parfois, des réponses.
Au fil des séances, de Déborah Romain-Delacour, Eyrolles, 256 pages, 17 euros
Dans la tête de Milei
Un excité accro à la tronçonneuse, un populiste vulgaire et intuitif, un chef de file de l’extrême droite la plus dure : voici la manière dont Javier Milei est perçu par les médias français. La réalité est un peu plus complexe.
L’essayiste Michael Miguères le démontre dans ces pages où il explore la vie et les influences intellectuelles du président argentin. Se dessine ainsi le portrait d'un dirigeant aux antipodes des idées reçues. Lecteur compulsif, universitaire reconnu par ses pairs, "punk" opposé par essence au bellicisme et à la xénophobie, jeune homme traumatisé par le déclassement de sa famille, politicien peu intéressé par l’art de la "combinazione".
Cet ouvrage a le mérite de mieux faire connaître un théoricien largement méconnu.
La révolution Milei, l’avènement d’un nouveau libéralisme, de Michael Miguères, Valeurs ajoutées Éditions, 196 pages, 19 euros
Olivia Vignaud, Lucas Jakubowicz



