La porte-parole du gouvernement, ingénieure nucléaire de formation, hérite du portefeuille de l’Énergie dans le cadre du remaniement annoncé jeudi 26 février, deux semaines après la publication de la PPE3.
Maud Bregeon, les chantiers de la nouvelle ministre déléguée chargée de l'Energie
Le décret signé jeudi 26 février à l’Élysée officialise la nomination de Maud Bregeon comme ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du gouvernement et chargée de l’Énergie auprès de Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Un portefeuille taillé sur mesure pour cette ingénieure de formation, spécialiste du nucléaire civil.
Née en 1991 à Poitiers, Maud Bregeon a construit tout son parcours professionnel dans le secteur énergétique. Diplômée de l’École polytechnique universitaire de Nantes, elle intègre EDF en 2014 au sein d’une unité créée après la catastrophe de Fukushima, chargée d’orchestrer les interventions en cas d’accidents graves sur les centrales nucléaires, précisait Libération dans un portrait publié en 2022.
Lors du premier confinement, cette habitante des Hauts-de-Seine se fait remarquer sur les plateaux télévisés en défendant la souveraineté industrielle et énergétique. Si la thématique du nucléaire n’était pas forcément très porteuse à ce moment-là, la crise énergétique post-guerre en Ukraine a imposé le sujet dans le débat public.
Élue députée Renaissance des Hauts-de-Seine en juin 2022, elle avait alors démissionné d’EDF pour se concentrer exclusivement à son mandat et pouvoir s’exprimer librement. “Mais je peux arrêter la politique demain et redevenir ingénieure”, précisait-elle dans Libération. Fille d’un professeur de sociologie et d’une secrétaire ayant travaillé 20 ans dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile, Maud Bregeon incarne une nouvelle génération de responsables politiques issus du monde technique.
"Un enjeu national"
Interrogée ce jeudi dans Le Parisien sur sa nouvelle fonction, Maud Bregeon ne cache pas son enthousiasme : “C’est un enjeu national sur lequel j’ai fondé tout mon parcours professionnel, comme ingénieure dans le secteur du nucléaire. Je travaillerai main dans la main avec Roland Lescure."
Face aux critiques du Rassemblement national sur la politique énergétique du gouvernement, la nouvelle ministre se montre offensive, sans épargner la gauche au passage : “Le RN et LFI véhiculent des discours dogmatiques, à rebours de la science et des réalités industrielles. C’est absurde ! Quand on se dit patriote, on n’encourage pas la dépendance au gaz algérien ou au GNL américain. Quand on est écologiste, on ne prône pas la fermeture de centrales nucléaires qui produisent de l’électricité décarbonée”.
Dans le sillage de la PPE3
Cette nomination intervient dans un contexte particulier : la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie vient d’être publiée mi-février par le Premier ministre Sébastien Lecornu, actant la relance du nucléaire avec six nouveaux réacteurs EPR2 et fixant des objectifs ambitieux pour les énergies renouvelables. La ministre déléguée aura la charge de piloter la mise en œuvre de cette feuille de route à horizon 2035, qui prévoit notamment une production électrique décarbonée comprise entre 650 et 693 TWh.
Parmi les chantiers immédiats qui l’attendent : la relance des appels d’offres pour les énergies renouvelables, réclamée avec insistance par les filières professionnelles, et le lancement de la grande initiative nationale en faveur de l’électrification des usages, dont les conclusions sont attendues en mai 2026.
Alexandre Hervaud
