La présidente de Booa a accompagné la croissance de son entreprise en s’appuyant sur un modèle familial, puis sur des fonds d’investissement. Elle est désormais associée à un industriel minoritaire. Elle revient sur les spécificités de chaque type d’accompagnement.
Lou Burger (Booa) : "Un industriel minoritaire peut accélérer la croissance"
Décideurs. Booa est une filiale du groupe familial Burger & Cie. En quoi le fait d’être adossé à cette société a-t-il stimulé votre croissance ?
Lou Burger : Nous préfabriquons de l’ossature bois et des modules pour les constructions privées et publiques. Être arrimé à un groupe familial permet de bénéficier d’une expertise, d’un site de production, mais aussi d’un soutien financier pour décoller. Burger & Cie a une vision sur un mois, Booa sur un an. Être lié à une entreprise comme Burger & Cie a permis de se lancer et de croître. Booa avait un chiffre d’affaires de 100 000 euros lors de sa première année, il est aujourd’hui de 40 millions.
En plus de l’actionnariat familial, vous avez travaillé avec un fonds minoritaire. Quel a été son apport ?
C’est en 2007 qu’un fonds minoritaire a pris des parts dans le groupe Burger & Cie, ce qui est relativement tard dans l’histoire du groupe. Le dirigeant était mon père, Bertrand, représentant de la cinquième génération. Le fonds a apporté à Booa des capitaux qui nous ont permis de supporter une grosse phase de croissance.
Dans un contexte de reprise post-Covid, nous avons connu une forte expansion entre 2021 et 2024. Il a fallu accélérer la fabrication, recruter, ouvrir des agences commerciales. Le fonds nous a accompagnés dans cette montée en puissance.
Il se distingue par un fort attachement à l’ancrage local, l’Alsace dans notre cas, et par son intérêt pour les entreprises familiales. Même s’il n’intervenait pas dans la direction, il disposait d’un droit de veto sur certaines décisions.
"Contrairement à un fonds, un industriel minoritaire a un intérêt concret à notre activité en tire profit. Il y a donc plus d’impact sur le business immédiat, par exemple avec la mise en place de synergies"
Pourquoi ce fonds a-t-il quitté le groupe ?
Cela s’est fait à notre demande dans le cadre d’une transmission. En 2016, mon frère et moi avons rejoint la société avec l’idée d’un passage de relais progressif. Notre père a pris sa retraite en 2021 et nous lui avons succédé dans le cadre d’un pacte Dutreil.
À ce stade, nous avions le "cash nécessaire pour nous développer sans ce partenaire. Ce dernier a eu un retour sur investissement, la fin de la collaboration s’est donc effectuée en très bons termes.
Booa a toutefois remplacé ce fonds minoritaire par un industriel minoritaire. Comment se passe la collaboration au quotidien ?
Cette entreprise qui tient à rester anonyme nous a accompagnés lors d’une augmentation de capital et continue de nous soutenir au quotidien. Un industriel minoritaire peut accélérer la croissance. Contrairement à un fonds, il a un intérêt concret à notre activité et en tire profit. Il y a donc plus d’impact sur le business immédiat, par exemple avec la mise en place de synergies. Ce type de soutien est également davantage impliqué dans les décisions stratégiques, même s’il n’intervient pas dans la gouvernance.
Propos recueillis par Lucas Jakubowicz

