Désormais baptisée Les Entrepreneurs, la CPME compte plus que jamais peser dans le débat public. La Grande Assemblée des entrepreneurs qui s’est déroulée le jeudi 25 juin au Parc des Princes montre que l’organisation a le moyen de ses ambitions.
Au Parc des Princes, la CPME change de nom et montre ses muscles
Le phénomène prend de l’ampleur depuis la dissolution de 2024 marquée par l’instabilité gouvernementale : à l’instar de l’ensemble de la population, les dirigeants d’entreprises n’ont plus confiance dans la classe politique. À cette dernière de retisser du lien et de restaurer des relations fructueuses. La première édition de la Grande Assemblée des entrepreneurs qui s’est tenue le jeudi 25 juin au Parc des Princes à l’initiative de la CPME en a donné l’occasion. Certes, aucun responsable politique en activité n’était invité à s’exprimer sur scène, mais tous étaient les bienvenus.
Responsables politiques à l’écoute
Bravant la canicule, nombre d’entre eux ont fait le déplacement avec le même objectif : se nourrir, retisser des liens. Que ce soit dans les stands, l’espace presse, les travées du stade où avaient lieu conférences et ateliers, l’heure était à l’humilité.
Les deux candidats putatifs du bloc central ont fait le déplacement et tenu le même discours : "Je suis venu apporter un soutien aux dirigeants de TPE et PME, dire qu’on est avec eux pour construire des solutions", a déclaré Gabriel Attal. De son côté, Édouard Philippe, légèrement devant son jeune rival dans les sondages, est tout simplement "venu écouter ce que les entrepreneurs avaient à dire".
Décidemment, le verbe "écouter" était à la mode dans l’antre du PSG puisque le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel est "d’abord venu écouter les besoins", tandis que le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale Boris Vallaud a déambulé entre intérieur climatisé et extérieur caniculaire pour "être à l’écoute » et se « confronter aux réalités du terrain ». Pour sa part, Bruno Retailleau a joué la carte de la connivence. Évoquant ses amis vendéens petits patrons, il a estimé "faire partie de ce milieu-là". Même LFI a fait le déplacement. Éric Coquerel s’est toutefois distingué de ses collègues puisqu’il a profité de sa visite pour dérouler le programme de son parti basé sur la commande publique : "Nous ferons en sorte que l’État investisse de manière à ce qu’il assure les carnets de commandes". Sans les mettre en vedette, l’évènement a attiré du beau monde sur le plan politique, ce qui est prometteur pour une première.
Sans les mettre en vedette, l’évènement a attiré du beau monde sur le plan politique, ce qui est prometteur pour une première
Souffle intellectuel
En amont de la Grande Assemblée, Amir Reza-Tofighi, président de la CPME se targuait d’organiser "une journée sans slogans", pour "privilégier le fond afin que les participants repartent avec de la hauteur, des solutions et des réponses concrètes".
La journée s’est centrée sur les notions de souveraineté, d’innovation et de production. Sur la scène principale, de nombreuses personnalités se sont exprimées sur ces sujets stratégiques. Ce fut le cas du prix Nobel d’Economie Philippe Aghion, du gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin, du commissaire européen Stéphane Séjourné ou encore d’Arnaud Montebourg.
Des pas de côté intellectuels ont eu lieu avec une Natacha Polony que le public a découvert plutôt libéral et anti-bureaucratie. Sylvain Tesson a invité les participants à devenir souverains de leurs âmes, notamment grâce à la lecture. Son conseil d’auteur ? Xénophon.
L'organisation a annoncé la naissance de son think tank baptisé la Fabrique des Entrepreneurs
Les Entrepreneurs sont dans la place !
Dès le matin la CPME a dévoilé son nouveau nom. Désormais, l’organisation se nomme "Les Entrepreneurs", son logo prend une forme hexagonale et une couleur bleue. Outre le "rebranding", Les Entrepreneurs comptent s’affirmer davantage dans la vie citoyenne. "Nous allons peser dans le débat public pour la présidentielle", a affirmé Amir Reza-Tofighi qui a profité de l’occasion pour annoncer le lancement de "la Fabrique des Entrepreneurs, un think tank pour porter des propositions en 2027, les entrepreneurs étant la réponse aux grands défis du pays".
La journée acte la montée en puissance de la seconde organisation patronale. Son ancien rendez-vous, "impact PME" rassemblait en moyenne 1 200 entrepreneurs à la station F, la nouvelle mouture a enregistré plus de 3 000 participants.
Lucas Jakubowicz
