Dans le plus grand secret, Cyril Hanouna a préparé sa candidature pour 2027. S’inspirant de Volodymyr Zelensky, sa campagne sera polluée par des attaques personnelles et une offensive des médias conservateurs dont il était naguère la figure de proue.

En novembre 2026, le célèbre animateur prend tout le monde par surprise et annonce sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Le plan de bataille s’est élaboré secrètement et en petit comité au sein de sa société de communication Chapchak qui, on l’apprendra plus tard, a été lancée pour mettre sur pied son projet électoral.

Le nouveau Zelensky ?

Aussitôt, médias et opinion publique ne parlent que de ça. Si certains évoquent un nouveau Zemmour ou un Coluche du XXIe siècle, les Français comprennent rapidement qu’il n’en est rien. Cyril Hanouna n’est ni un clown ni un candidat d’extrême droite. Il se définit comme le "serviteur du peuple" à la manière de Volodymyr Zelensky qu’il voit comme un "modèle".

Sur la forme, son discours se veut rassembleur. L’animateur écume la France. Partout, l’accueil est plutôt bon ; il parvient à parler à chacun et fait montre de charisme et d’empathie. Contre toute attente, il n’attaque personne frontalement et la presse peine à trouver des polémiques. Le nouveau venu sur la scène politique le dit clairement : "Je suis un catalyseur qui veut rassembler les meilleures volontés, peu importe leur profil."

Hauts fonctionnaires et entrepreneurs l’abreuvent de notes, des élus locaux rallient son panache et le cap des 500 signatures est atteint sans peine. Des "grosses têtes" font la synthèse et élaborent un programme : sus à la bureaucratie, libérons les énergies, croyons en notre potentiel, écoutons le peuple plus que les élites, arrêtons les dépenses stupides, la communication à outrance.

Logiquement, toute la classe politique l’accable, dénonce son manque d’expérience, son projet flou. Ses réponses ? "Êtes-vous satisfait du travail de ceux qui se présentent comme des experts ? Vivez-vous mieux grâce à eux ? À quoi sert un programme solide si les promesses ne sont pas tenues ? Le général de Gaulle avait-il un programme détaillé " Durant les interviews et les débats, il surprend son monde par sa connaissance des dossiers et son calme.

Durant les interviews et les débats, il surprend son monde par sa connaissance des dossiers et son calme.

Attaques antisémites

Le néo-candidat fera hélas l’objet de multiples attaques antisémites. Le premier à dégainer ? Jean-Luc Mélenchon. Sur son blog, il écrit : "Monsieur Hanouna veut être élu serviteur du peuple ? Il n’est que le serviteur du peuple élu." Quelques lignes plus bas, il le décrit comme "un candidat qui a du nez et donne des coups de griffes". Face au tollé, l’Insoumis dénonce "l’acharnement d’une caste aux abois". Certains seront encore moins subtils. Thomas Portes le qualifiera de "sionard génocidaire", Aymeric Caron estimera que "Netanyahu a ouvert une succursale en France, ne manque que Sophia Aram dans l’équipe de campagne" tandis que Sébastien Delogu se fendra d’un "FTG gros, tu sers à rien comme les tiens".

Si ces coups bas plaisent au noyau dur insoumis, la classe politique soutient Cyril Hanouna, ce qui contribue à légitimer sa candidature. En mars 2026, plusieurs instituts mesurent l’animateur à 10 % d’intentions de vote.

Trahi par les siens

Malgré son discours inclusif, la plupart de ses potentiels électeurs viennent de l’extrême droite, ce qui commence à inquiéter l’équipe du candidat RN Jordan Bardella et les galaxies Bolloré et Stérin. Au printemps, CNews, le JDD et d’autres médias comme Frontières s’acharnent. Vie privée, témoignages d’anciens chroniqueurs, ralliements opportunistes, procès en "macronisme" : le candidat subit un véritable tir de barrage. Dans la dernière ligne droite, il passe plus de temps à contre-attaquer et se justifier qu’à mener sa campagne.

Malgré tout, il recueille 7 % des voix, ce qui empêche Jordan Bardella d’accéder au second tour à quelques milliers de voix près. La "finale" verra Édouard Philippe l’emporter à 70 % face à Jean-Luc Mélenchon.

Lucas Jakubowicz

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