Le 24 juin, Dominique de Villepin a officiellement lancé son mouvement politique baptisé La France humaniste. De quoi, espèrent certains, se présenter à la prochaine élection présidentielle. Ira-t-il jusqu’au bout ? A quoi pourrait ressembler sa candidature ? En voici un exemple uchronique.
Dominique de Villepin, lance son mouvement. Pour 2027 ?
Ce lundi 2 février 2026, Dominique de Villepin est l’invité du 20 heures de France 2. Avec la verve qui lui est propre, il constate que "notre République est malade. Marianne pleure à chaudes larmes lorsqu’elle voit à quel point les valeurs qui lui sont chères sont malmenées. Lorsque Marianne sanglote, c’est le monde qui est désenchanté". La journaliste Léa Salamé lui demande s’il pourrait être une personne capable de faire sourire à nouveau la femme au bonnet phrygien. Réponse ? "Je l’espère, je le souhaite."
Villepin mania
Sentant un frémissement, une vague de Villepin mania commence à se mettre en place. Dans Le Monde, un collectif de hauts fonctionnaires appelle à sa candidature. Sur les réseaux sociaux, de mystérieux comptes font leur apparition pour chanter les louanges du candidat en vantant sa "hauteur", son "sens de l’État", son "humanisme", "son langage de vérité sur la situation à Gaza" ou son "gaullisme". Son mouvement, La France humaniste lancé en juin 2025 se targue d’une implantation locale même si aucun élu de grande envergure ne le rejoint.
Mal aimé des siens
En 2022, le communiste Fabien Roussel était populaire à droite, mais contesté par sa famille politique. La situation est similaire pour Dominique de Villepin. Certes, les études d’opinion montrent qu’il jouit d’une certaine popularité, notamment chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et ceux des banlieues qui apprécient ses positions sur la situation au Proche-Orient. En revanche, chez les électeurs de droite, sa cote ne parvient pas à décoller.
Le temps des attaques
Très vite, l’ancien premier ministre de Jacques Chirac est pris en étau. Sur son flanc droit, il subit un pilonnage intensif. Le président de la région Sud Renaud Muselier – par ailleurs fils et petit-fils de résistants – estime que "le Général doit se retourner dans sa tombe", Xavier Bertrand suggère qu’il "cherche surtout à se venger de la droite », Laurent Wauquiez le qualifie de "proxy de l'extrême gauche". Par ailleurs, le président du parti, Bruno Retailleau, "conseille fermement aux élus LR de ne pas parrainer cet homme".
Côté gauche, LFI craint que la popularité de Dominique de Villepin ne lui fasse de l’ombre et ne le prive des précieuses "voix des quartiers populaires". Avec efficacité et intensité, le mouvement martèle les éléments de langage : "S’il s’est mis à parler comme nous, c’est que nous avons raison", "C’est l’homme du CPE et de la privatisation des autoroutes."
Le renoncement
Au bout de deux mois, Dominique de Villepin s’exprime sur France Inter, estimant avoir été "mal compris", il explique n’avoir "jamais fait acte de candidature", remercie "du fond du cœur ceux qui ont cru en lui", explique n’avoir "joué aucun rôle dans l’activité des citoyens qui se sont mobilisés pour [sa] candidature".
Certains observateurs soulignent qu’il avait déjà laissé planer le doute en 2007 sans sauter le pas, que la quête des 500 signatures était bien mal engagée, qu’une candidature l’aurait obligé à déclarer son patrimoine et ses revenus. "En somme, c’est juste un vieil homme s’ennuyant dans son deux cents mètres carrés, avenue Foch, qui cherche un peu de frissons. Maintenant, passons aux choses sérieuses", cingle avec son sens de la formule habituel Rachida Dati, qui a raté d’un cheveu son élection à la Mairie de Paris quelques mois plus tôt.
Lucas Jakubowicz
