La France cherche à se doter d’un budget pour améliorer la croissance et le pouvoir d’achat des Français, tout en rétablissant les comptes publics. Pas une mince affaire puisque nos députés ont des lacunes phénoménales en économie.
Vite, des stages en entreprise obligatoires pour les députés !
Lauréat du prix Nobel d’économie 2025, Philippe Aghion est habitué à intervenir devant les responsables politiques du monde entier. Fin octobre, il s’est exprimé devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. Verdict ? "J’ai été atterré par le niveau intellectuel et économique de certains députés", a-t-il déploré sur les ondes de France Info le 3 novembre. Non contents d’être ignares, ils semblent enfermés dans leurs certitudes : "Ils n’écoutent pas, ne s’informent pas, ne lisent pas."
Il y a un an, devant la même commission, Florent Menegaux a vécu semblable mésaventure. Invité à s’exprimer sur la politique salariale, la productivité et la compétitivité en entreprise, le dirigeant de Michelin a consacré la majeure partie de son temps de parole à expliquer les bases de fonctionnement d’une société privée.
Le président de la commission des finances a avoué ne pas connaître Mistral AI, géant européen de l’IA, il a confondu la valeur du patrimoine d’une entreprise et sa valorisation. Peu après, il a qualifié le pacte Dutreil "d’outil d’optimisation"
Cette méconnaissance est particulièrement incarnée par le président de la commission, l’Insoumis Éric Coquerel. En cet automne, il ne cesse de faire étalage de ses lacunes. Après avoir avoué ne pas connaître Mistral AI, géant européen de l’IA, il a confondu la valeur du patrimoine d’une entreprise et sa valorisation. Peu après, il a qualifié le pacte Dutreil "d’outil d’optimisation" fustigé pour bénéficier davantage au secteur tertiaire qu’à l’industrie. Ce dispositif, salué par toute la classe économique, permet pourtant de transmettre facilement des groupes familiaux, socles de l’économie française.
Selon les données de l’Ifrap, 43 % des sièges du Palais-Bourbon sont occupés par des députés venus du secteur public. À gauche ils sont majoritaires. Lorsque les élus de la République s’impliquent dans la vie des entreprises, c’est bien souvent sans demander l’avis des concernés. Le mois dernier, Décideurs avait ainsi révélé que les députés socialistes ayant planché sur la taxe Zucman n’avaient même pas pris la peine de consulter le patronat ainsi que les représentants de cadres ou d’entrepreneurs…
En cela, la Ve République est un régime bien éloigné du libéralisme. Selon cette idéologie, les créateurs d’emploi sont encouragés à s’investir dans la vie publique. En France, ils sont invités à s’en éloigner. Être un "patron-député" est souvent mal vu d’une partie de l’opinion. Pourtant, il semble difficile de légiférer efficacement et de créer du dynamisme économique sans connaître… le secteur privé. Depuis le second mandat de Jacques Chirac, les collégiens de troisième sont obligés d’effectuer un stage en entreprise d’une semaine.
Pourquoi ne pas étendre cette mesure aux députés ? Certains en auraient bien besoin. Seul hic, au vu de leur suffisance, de leur dogmatisme et de leur refus d’apprendre, ils seraient probablement moins productifs qu’un collégien !
Lucas Jakubowicz
