La coupe du monde approche. Et dans les entreprises, le suivi des matchs prend le dessus sur les tâches professionnelles révèlent un sondage mené dans 8 pays.

La légende est tenace : un pays qui surperforme lors d’une coupe du monde de football verrait son moral monter en flèche, sa natalité augmenter et sa croissance stimulée. Si un vent d’enthousiasme peut effectivement souffler sur une nation dont l’équipe enchaîne les victoires, les retombées économiques restent à relativiser.

Plusieurs études scientifiques réfutent le cliché du "celebratory sex". Si de légères hausses de natalité peuvent parfois être observées neuf mois après une victoire, les causes sont multifactorielles. Quant à la croissance, elle n’est pas nécessairement dynamisée, loin de là. Une étude publiée en juin 2026 par l’entreprise UKG en apporte une preuve complémentaire. La méthodologie a pris en compte huit pays : France, Allemagne, Angleterre, Pays-Bas, États-Unis, Mexique, Canada et Australie.

Verdict ? Des pertes économiques estimées à 14 milliards d’euros, dont 645 millions pour l’Hexagone. Comment l’expliquer ? Selon le rapport, elles résultent d’une "érosion diffuse de la productivité liée à des retards, des absences partielles, une baisse de concentration ou un présentéisme dégradé". Ainsi, 37 % des salariés prévoient d’aménager leurs horaires pendant le tournoi, 27 % reconnaissent qu’ils manqueront des heures de travail pour cause de Mondial, 22 % estiment qu’ils se mettront au travail épuisés. Une situation susceptible de générer "des microdésorganisations qui, cumulées, pèsent sur la performance opérationnelle". Le phénomène devrait durer plus longtemps que lors des précédentes éditions, puisque, désormais, 48 équipes sont en lice sur 39 jours de compétition contre 32 sélections nationales croisant le fer pendant 31 jours auparavant.

Soulignons qu’il n’existe pas de différence entre les pays. La solution la plus rationnelle sur le plan économique serait donc une élimination dès le premier tour. Mais les supporters français, allemands, néerlandais ou anglais, dont les équipes sont candidates à la victoire, seraient-ils prêts à sacrifier leurs ambitions sportives pour éviter de pénaliser leurs employeurs ? La question reste ouverte…

Lucas Jakubowicz

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