Environnement, décentralisation, lutte contre le chômage et le communautarisme : Jean Castex a dévoilé sa feuille de route devant les députés.

Interview présidentielle le 14 juillet, déclaration de politique générale du premier ministre le 15. L’exécutif trace les grandes lignes et les priorités pour la fin du quinquennat. Voici les points principaux du discours tenu par Jean Castex devant les députés qui ont accordé la confiance à son nouveau gouvernement avec 345 suffrages pour et 177 contre. Une large majorité, qui reste moins importante que la confiance accordée à Édouard Philippe en juillet 2017.

Environnement : des premières mesures concrètes

Les élections municipales l’ont montré, les Français exigent que les enjeux environnementaux occupent une place centrale. Mais pour le premier ministre, il n’est pas question que la gauche ait le monopole de l’écologie politique : "Ce n’est pas l’apanage d’une génération, d’une classe sociale ou d’un parti. C’est notre affaire à tous". Devant les députés, Jean Castex a esquissé les premières mesures qu’il compte déployer : moratoire pour interdire la construction de nouveaux centres commerciaux afin de lutter contre l’artificialisation des sols, plan vélo, contrats de développements écologiques…

Pour autant, Jean Castex a affirmé clairement qu’il n’était pas un apôtre de la décroissance : "l’écologie doit être créatrice de richesse, à nous de concilier transition énergétique et pouvoir d’achat".

Le premier ministre des territoires

Comme son prédécesseur, Jean Castex est un énarque. Mais c’est avant tout un élu local implanté dans la petite ville pyrénéenne de Prades. Ce parcours le rend légitime à demander davantage de décentralisation… et à la mettre en œuvre. Durant son discours de politique générale, il a notamment défendu un "droit à la différenciation" et exhorté à "libérer les territoires" en faisant le "pari de l’intelligence collective". Concrètement, le nouveau locataire de Matignon souhaite "que le droit à la différenciation soit consacré dans une loi organique et passe par une nouvelle étape de la décentralisation". À cet égard, le nouveau projet de loi de finances devrait être une révolution puisque "toutes les créations d’emplois qui seront autorisées seront affectées, sauf exception, dans les services départements et non dans les administrations centrales, une révolution". L’agilité avec laquelle les départements et les communes ont fait face à la crise sanitaire a probablement incité l’exécutif à donner un coup d’accélérateur à cette nouvelle étape de décentralisation.

Juguler le chômage

Sur le front de la lutte contre le chômage, la politique du gouvernement a porté ses fruits. Mais la crise sanitaire risque de tout remettre en question. Selon l’Insee, 800 000 à un million de chômeurs sont attendus d’ici un an. Ce qui pousse le gouvernement à agir. Dans le détail, Jean Castex a annoncé un plan jeunesse, une politique d’exonération de charges pour les moins de 25 ans, un investissement dans la formation. Il a rappelé que la "préservation de l’emploi sera la priorité absolue du gouvernement pour les dix-huit prochains mois". Des propos qui reprennent les grandes lignes tracées par Emmanuel Macron le 14 juillet.

Régalien : de la parole et des actes

Le nouveau gouvernement compte mettre davantage l’accent sur les questions régaliennes. Face au développement du communautarisme, Jean Castex a annoncé un "projet de loi contre les séparatismes". Objectif premier : "éviter que certains groupes ne se referment autour d’appartenances ethniques ou religieuses". Il a également profité de son discours de politique générale pour démontrer son attachement à la laïcité définie comme "valeur cardinale" et "fer de lance de la cohésion de la société". Selon lui, "aucune religion, aucun courant de pensée, aucun groupe constitué ne peut s’approprier l’espace public et s’en prendre aux lois de la République". République qui, dans les mois à venir, devrait accentuer son autorité avec des juges de proximité chargés de réprimer les incivilités quotidiennes et la petite délinquance trop souvent impunie. Jean Castex a également dénoncé "la banalisation de la délinquance du quotidien qui exaspère les Français".

Réforme des retraites

Le 14 juillet, le président de la République avait été très clair sur la question de la réforme des retraites : "l’abandonner totalement, non. La remettre à la discussion, oui". Mais certains points semblent fixés. Il en est ainsi de "la création d’un régime universel" et de "la disparition à terme des régimes spéciaux".

Plan de relance

Sur le plan de relance global, le premier ministre a été assez succinct ; le financement devant s’effectuer à l’échelle européenne. En revanche, il a annoncé un budget de 40 milliards d’euros consacré à l’industrie jugée "affaiblie et trop dépendante de partenaires extérieurs". 20 milliards d'euros seront également alloués à "la rénovation thermique des bâtiments", à la "production d’une alimentation plus locale » ainsi qu’au « soutien des technologies vertes de demain".

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