Tous les acteurs économiques se doutaient qu’elle allait arriver à un moment ou à un autre. Le 11 juin, la Banque centrale européenne (BCE) a acté la hausse des taux directeurs, pour la première fois depuis trois ans.

L’institution dirigée par Christine Lagarde a augmenté ses taux de 0,25 point, avec un objectif clair : limiter l’inflation causée par la guerre israélo-américaine contre l’Iran, qui paralyse le détroit d’Ormuz depuis le mois de février.

Une décision qui divise…

Bien qu’attendue, cette hausse ne fait toutefois pas l’unanimité. Si l’inflation, due entre autres à la forte hausse du prix du pétrole, est réelle, elle intervient alors que l’économie européenne reste globalement atone. Certains experts jugent ainsi qu’3,2 % sur un an, elle reste sous contrôle, en particulier selon les calculs ne prenant pas en compte les produits pétroliers, auquel cas elle ne monte qu’à 2,4 %.

Lors de sa conférence de presse, Christine Lagarde a donc expliqué que la BCE se devait de réagir et ne pouvait pas se permettre d’attendre, en particulier dans la mesure où l’inflation ne devrait pas repasser sous la barre des 2 % avant un an, dans le meilleur des cas.

Au-delà des effets directs et indirects sur l’économie, c’est l’impossibilité de se projeter et les incertitudes concernant la durée du conflit qui posent un problème majeur. Elles forcent en effet de nombreux acteurs à adopter une position attentiste, en ralentissant le lancement de projets ou en faisant même échouer certains.

… Mais qui ne surprend pas

Si elle ne ravit personne, cette hausse ne provoque toutefois pas de panique chez les acteurs du secteur, car elle avait été en grande partie anticipée. Certains établissements bancaires, comme la Banque Postale, avaient par exemple déjà remonté leurs taux de crédit depuis quelques semaines. D’autres banques avaient choisi d’attendre, mais devraient mécaniquement lui emboîter le pas.

Paradoxalement, les établissements bancaires redoublent d’offres commerciales alléchantes pour convaincre des ménages qui, s’ils souhaitent toujours acheter, repoussent de plus en plus leur décision en raison des instabilités politiques et géopolitiques. La baisse du taux d’usure par la Banque de France, qui se profile dans les semaines à venir, ne devrait malheureusement pas améliorer la situation.

Seule petite lueur d’espoir pour l’industrie : le conflit entre les États-Unis et l’Iran semble en voie de se conclure, avec un accord qui pourrait être signé d’ici à la fin de la semaine. De quoi peut-être faire baisser rapidement les prix de l’énergie et rassurer quelque peu acheteurs et investisseurs.

François Arias

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