Un diplôme d’ingénieur obtenu à l’École centrale de Paris, un volontariat à l’ambassade de France à Madrid… Et, dans les années quatre-vingt-dix, un début de carrière dans le domaine encore balbutiant de la gestion des risques et de l’environnement. À l’époque, le sujet est nouveau, mais Michel Josset est un précurseur.

Tout d’abord dans le conseil, Michel Josset se tourne ensuite vers les assurances. "Je trouvais que ce secteur permettait d’aborder l’aspect économique des choses, car l’assurance, c’est la valorisation économique des risques." Son attrait pour le monde de l’entreprise et la construction de schémas de gestion des risques à long terme le dirige alors vers l’industrie. Il entre chez Faurecia (désormais Forvia) au début des années deux mille et n’en bouge plus. Son rôle ? Directeur des assurances et prévention. Un poste qui consiste à mettre en place des politiques de prévention et des programmes d’assurance globaux, "c’est-à-dire à ériger des barrières qui protègent le groupe vis-à-vis des grands risques opérationnels qui sont des risques de destruction des actifs et des risques de mise en cause de la responsabilité du groupe."

L’adaptation au multiculturalisme

Curieux, polyglotte et ouvert sur le monde, Michel Josset puise dans son métier une véritable stimulation intellectuelle, renforcée par une pratique internationale. Pour lui, travailler dans une entreprise multinationale et multiculturelle est passionnant: "On s’aperçoit que l’esprit français, cartésien, qui fonctionne à Paris ne fonctionne pas forcément à Shanghai ou à Mexico : il faut revisiter ses préjugés et essayer de s’adapter aux cultures des autres pays."

"La prise en compte du risque cyber et l’adaptation aux changements climatiques sont une priorité"

Sa vision de la profession est lucide : le métier de risk manager est au cœur de nouveaux enjeux. "Ces dernières années, c’est la transformation numérique qui a beaucoup occupé nos entreprises." Désormais, la prise en compte du risque cyber et l’adaptation aux changements climatiques sont une priorité pour le métier de risk management. "Il faut essayer d’anticiper les nouvelles zones de risques et adapter la stratégie d’entreprise par leur prise en compte."

Une course d’endurance

Le métier de la gestion des risques, finalement, est "une sorte de course d’endurance". Une métaphore évidente pour ce passionné de course à pied qui affirme que les années à venir seront pleines de défis. À commencer par la numérisation des métiers, pour parvenir à une meilleure fluidité des échanges d’informations entre les assurés, les courtiers et les assureurs. Mais pas seulement: "Le métier doit remettre la prévention au cœur de l’action. Les crises se succèdent: après le Covid-19, il y a eu la pénurie des semi-conducteurs, et depuis février, la crise géopolitique… Ça devient presque un élément de contexte permanent."

Le monde change, les risques aussi. La clé pour durer? "L’honnêteté intellectuelle", assure celui qui est membre de l’Amrae, l’association de référence des gestionnaires de risques en entreprise, depuis de nombreuses années, et à la tête de l’une de ses commissions (la commission prévention et dommages). Une expérience, et Michel Josset s’en félicite, qui lui permet "d’élargir son horizon et d’enrichir son approche par le partage d’expériences."

Aux jeunes qui voudraient se lancer, il dirait qu’il faut rester ouvert sur le monde, savoir élargir sa palette d’intérêts et ne se fermer à aucun savoir-faire. Et que le travail est passionnant: "L’aspect transversal et collaboratif en interne crée une vraie interprofessionnalité. En externe, il existe un enrichissement nourri par la communauté de personnes: il y a de vrais experts, il y a de la qualité humaine, et il y a du savoir-faire."

Judith Polycarpe 

Classements

Trouver les acteurs & informations qui vous aideront

Newsletter Flash

Pour recevoir la newsletter du Magazine Décideurs, merci de renseigner votre mail

GUIDES ET CLASSEMENTS