Événement incontournable pour les passionnés d’art, le Salon du dessin, qui se tiendra du 18 au 23 mai au palais Brongniart, est l’occasion de dénicher de nouveaux artistes. Véritable investissement de niche, Louis de Bayser, président du Salon du dessin et de Fine Art Paris & La Biennale, décrypte le marché du dessin d’aujourd’hui.

Décideurs. Quel est l’état du marché du dessin aujourd’hui ?

Louis de Bayser. Très actif, le domaine du dessin est un secteur qui marche bien. Le dessin n’est pas toujours bien appréhendé dans le sens où les amateurs d’art ne savent pas toujours à quoi cela correspond, sa perception restant vague. Après une année 2020 compliquée, la reprise se fait sentir mais nous n’avons pas encore retrouvé les niveaux d’avant la crise sanitaire. Ce marché dynamique et solide se caractérise par des acheteurs passionnés et il n’y a de ce fait pas beaucoup d’abandon sur le marché.

Quels avantages à investir dans le dessin ?

Je pense qu’il faut d’abord acheter par goût avant de penser au retour sur investissement, sinon cela revient à acheter une action ou une obligation. Par ailleurs, c’est un marché conservateur, il ne faut pas en attendre une explosion de la valeur, bien que celle-ci reste sûre. Lorsque vous achetez le dessin d’un artiste connu, la valeur reste relativement stable.

Quels sont les critères qui expliquent la valeur d’un dessin ?

C’est compliqué ! Chaque dessin est une œuvre d’art originale, unique et faite sur papier. Du fait de son originalité, il est compliqué de lui établir une cote. Sa valeur va être déterminée par son impact graphique, son importance dans la carrière de l’artiste…

"Du fait de son originalité, il est compliqué d’établir une cote au dessin"

Son état de conservation compte beaucoup dans le prix également car un dessin ayant conservé toute sa force et ses couleurs aura un prix plus élevé qu’une œuvre tachée.

Quel est le profil des investisseurs ?

Certains musées américains sont des acheteurs importants, à la fois pour les collections des musées mais également pour leurs trustees. Concernant les musées français, le Louvre est un acteur considérable sur le marché. Enfin, les particuliers, exclusivement occidentaux, avec une forte représentation des professions financières et juridiques en matière de profil d’acheteurs, tous pays confondus, représentent une part importante de clientèle passionnée.

Avez-vous une anecdote de votre métier à nous raconter ?

Un jour sur notre stand, un collectionneur d’art moderne a repéré un dessin d’un artiste du XVIe siècle qui lui a beaucoup plu et l’a acheté. Cette anecdote prouve que même si nous pensons avoir parfois une appétence et la volonté de n’acheter qu’un seul type d’œuvre, garder l’esprit ouvert permet de découvrir de nouvelles choses. Les salons permettent de proposer un large panel de dessins et de surprendre les amateurs afin de les amener dans des domaines différents de ceux vers lesquels ils vont naturellement.

Le mot de la fin ?

Le plus important est de faire l’effort de découvrir des œuvres et artistes qui vont au-delà de ce que nous aimons et connaissons. L’art passe par la découverte, et de belles collections commencent comme cela. C’est une expérience qu’il faut tenter.

Propos recueillis par Marine Fleury

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