Spécialisée dans la couverture des risques industriels, l'assureur mutualiste FM Global poursuit sa croissance dans une phase de reconsolidation du marché. Loïc Le Dréau, directeur général du bureau de Paris, revient sur les grands risques à suivre et les leçons à en tirer pour l'avenir.

Décideurs. La résilience est l’une des valeurs fondamentales de FM Global. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Loïc Le Dréau. La résilience est en un terme que nous utilisons depuis maintenant de très nombreuses années ; elle fait partie de notre ADN. Nous n’avons pas attendu la crise sanitaire pour nous emparer de ce concept. Au fil du temps, FM Global a construit une compagnie capable de lisser les événements et de proposer à ses clients des renouvellements de contrat et des couvertures adaptés à leurs besoins, et ce, malgré les deux ans difficiles que nous avons vécus.

La nature même d’une compagnie d’assurance est d’être résiliente, et de construire sa résilience en aidant ses clients à être eux-mêmes plus résilients. En tant qu’ingénieur de formation, la résilience en assurance me fait fortement penser à celle des matériaux, à savoir leur capacité à absorber les chocs puis à rebondir. Nous travaillons avec nos clients pour comprendre leurs risques, les identifier et les quantifier pour mettre ensuite en place des plans d’amélioration ou de contrôle des risques de façon à rendre les entreprises plus résilientes.

Vous avez récemment publié une étude sur les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales. Que voulez-vous transmettre ?

La criticité de la supply chain a été exacerbée durant la crise sanitaire. En l’espace de quelques jours, avec l’annonce du premier confinement, nous avons dû soudainement changer nos habitudes de consommation, ce qui a eu un impact majeur sur les chaînes d’approvisionnement. Cela s’est traduit notamment par une hausse de la demande d’objets et de services connectés, entraînant une baisse importante des stocks de nombreux composants électroniques, voire une pénurie, les industries ne fonctionnant plus ou peu en raison des confinements. Le bouleversement de la supply chain est également dû au recours massif aux achats en ligne de certains objets de bureautique, ce qui a provoqué un boom dans le transport des colis vers leurs destinataires et à un engorgement des systèmes de distribution classiques. À titre d’exemple, il manquait alors plus de 100 000 chauffeurs routiers aux États-Unis à la fin de l’année 2021 pour répondre à la demande ! Le Covid-19 a clairement mis en lumière l’interconnexion des risques : on ne peut pas considérer traiter le risque de supply chain sans les risques d’incendie, d’inondation ou encore les risques cyber.

"Nous investissons beaucoup dans la recherche et le développement pour comprendre les risques et leurs impacts sur l’activité de nos clients."

On parle aujourd’hui beaucoup du risque cyber. Comment l’appréhendez-vous ?

C’est un risque comme les autres : il faut s’y intéresser et l’intégrer dans sa cartographie. Il peut être géré si les entreprises adoptent les bonnes procédures de sécurisation et lui allouent suffisamment de moyens humains et financiers. Les impacts du risque cyber pour les entreprises sont aujourd’hui bien connus et il existe des techniques pour le détecter et le limiter. FM Global forme ainsi des ingénieurs et des experts pour aider nos clients à comprendre ce risque, à le maîtriser et à mettre en place des plans de prévention. Du fait de l’interconnexion des risques, les cybercriminels ont de plus en plus d’occasions d’entrer dans les systèmes des entreprises. Ils peuvent facilement bloquer les équipements de production, ou encore les systèmes de gestion des données, ce qui peut mettre à l’arrêt une entreprise. D’où l’importance de bien sécuriser ses systèmes d’information.

Et quid des risques liés aux changements climatiques ?

Ils ne sont pas nouveaux, mais ils se présentent sous des formes beaucoup plus extrêmes depuis quelques années. Il y a récemment eu beaucoup de sécheresse, d’inondations, de tempêtes… Toutes dues au réchauffement climatique a priori. Il demeure néanmoins des risques climatiques non modélisables, tels que les tornades dans une zone habituelle épargnée ou encore les fortes inondations qui ont eu lieu l'été dernier en Allemagne et en Belgique par exemple, qui n’ont pas été anticipées. Il n’y a cependant pas de fatalité : ces risques peuvent être anticipés si on travaille dessus en amont, et au minimum on peut en contrôler l’impact.

Chez FM Global, nous investissons beaucoup dans la recherche et le développement pour comprendre les risques et leurs impacts sur l’activité de nos clients. Nous avons au quotidien des experts chez nos clients pour les aider dans leur analyse de risques, et ce, partout dans le monde. Ces spécialistes produisent notamment une cartographie mondiale des risques d’inondation, de vent, de grêle… : il s’agit d’un outil permettant de savoir rapidement si un site se trouve en zone inondable par exemple, ce qui peut s’avérer particulièrement utile dans certaines régions du monde. Ces cartographies sont en accès libre sur notre site internet.

Propos recueillis par Judith Polycarpe

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