Avec des marchés très favorables, 2021 aura été une année record pour la Banque Neuflize OBC. Le président du directoire, Laurent Garret, dresse le bilan et exprime ses convictions.

Décideurs. Quel bilan dressez-vous de l’année 2021 ?

Laurent Garret. 2021 est une très belle année, la hausse des marchés et nos bonnes performances nous ont permis de réaliser une collecte record. Côté investissement, nous avons étoffé notre offre ISR en lançant le fonds Neuflize Euro Actions Durable, qui duplique la gestion mise en œuvre avec succès dans nos PEA ISR depuis onze ans. Depuis 2020, nous proposons en priorité l’ISR à nos clients et, depuis cette initiative, nous avons connu une très forte croissance des actifs ISR. Notre activité de crédit a également progressé de 10 %. Finalement, c’était une belle année avec des équipes très engagées.

Quels enseignements avez-vous tirés de la crise ?

Dans la mesure où nous gérons des patrimoines à partir de 1 à 2 millions d’euros, la situation n’a pas engendré de problèmes financiers particuliers. Au contraire, nous avons saisi de nouvelles opportunités d’investissement, ce qui est très positif. La crise sanitaire a accéléré notre digitalisation, 90 % des collaborateurs ont adopté le télétravail pendant la période aiguë de la crise. Cela nous a notamment conduits à améliorer notre application mobile et nos services à distance. Malgré cette avancée, une partie de nos clients préfère échanger directement avec nous.

"Nous avons mis en place un fonds action sustainable de référence"

Le secteur de la banque privée se dirige-t-il vers une concentration de marché ?

Le secteur ne se concentre pas encore même si cela devrait être le cas dans un avenir proche. Pour le moment, on distingue principalement deux acteurs  : les pure players et les banques privées dépendantes d’un réseau. Ceux qui possèdent une taille critique comme Neuflize OBC ne nécessiteront pas de suivre le mouvement, contrairement à d’autres qui pourraient rencontrer des difficultés à maintenir autonomie et rentabilité. Ces acteurs se rapprocheront entre eux ou se dirigeront vers des structures plus importantes.

Comment abordez-vous 2022 ?

Avec beaucoup d’optimisme ! L’économie devrait bien se porter, notre inquiétude réelle concerne l’inflation qui pourrait être non seulement conjoncturelle mais aussi structurelle. Les salaires devraient suivre et les marchés pourraient baisser face à des taux en hausse. Concernant Neuflize OBC, nous allons poursuivre l’accélération de notre stratégie RSE, notamment grâce à notre fonds de dotation« Philgood Foundation » qui a l’ambition de proposer aux clients, particuliers comme entreprises, une solution de philanthropie « clés en main ». Nous souhaitons changer de paradigme et voir au-delà de la finance. Être socialement responsable implique des enjeux plus larges liés à notre bilan carbone ou au bien-être de nos collaborateurs, il ne faut pas se limiter aux seuls produits. Neuflize OBC se définit comme la banque de l’entreprise et de l’entrepreneur.

"Il faut accompagner les entrepreneurs startuppers dans leur besoin de crédit"

Qu’est-ce que cela implique ?

En amont, il faut accompagner les entrepreneurs startuppers dans leur besoin de crédit ou les aider à se reluer si besoin. À la suite d’un cash out, en plus des classes d’actifs traditionnelles, nous répondons à leurs attentes d’investissements alternatifs comme l’immobilier ou l’art, et nous les accompagnons dans leurs projets philanthropiques ou de mécénat. Cette génération fonctionne en communauté, nous participons à leur écosystème, notamment par le biais d’événements ou de conférences.

Quelle place pour l’entrepreneuriat féminin ?

Concrètement, nous avons lancé « Be Entrepreneur by Neuflize OBC », un club dédié aux entrepreneurs où l’on débat de thèmes qui les touchent, comme la présence de fonds de private equity dans leur capital ou encore l’entrepreneuriat au féminin. Il est certain que les entrepreneuses sont moins nombreuses, pourtant leurs projets sont de manière générale plus structurés et ambitieux. Le private equity est majoritairement masculin et à notre échelle nous accompagnons les femmes qui doivent être mises en confiance pour faire bouger les choses.

De quelle manière la banque privée aborde-t-elle les cryptomonnaies ?

Les cryptomonnaies souffrent d’un problème d’information, tout le monde en entend parler mais très peu comprennent le sujet en profondeur. Nous n’en recommandons pas à ce stade car il y a peu de demandes de la part des clients et il n’y a pas assez de connaissances sur le sujet. Ces fonds sont spéculatifs et nous préférons être prudents, d’autant plus qu’aucun contrôle n’est possible de la part de la BCE.

Propos recueillis par Juliette Woods

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