Depuis 2021, la cofondatrice et CEO de Vizzia développe avec son associé des solutions de vidéoprotection innovantes pour aider les collectivités à améliorer la sureté et la propreté de leurs villes. Un sujet plus que jamais d’actualité.

L’entrepreneuriat réserve parfois son lot de surprises. Pas de mauvaises en tout cas pour Katrin de Proyart, cofondatrice et CEO depuis 2021 de Vizzia, une start-up spécialisée dans la sureté et la propreté urbaine. La dirigeante d’origine bulgare qui souhaitait créer sa société depuis toute jeune a été à bonne école. Issue d’une famille d’entrepreneurs, elle connaît les risques du métier et les sacrifices qu’implique une vie de bâtisseurs. Avant son arrivée en France à 15 ans pour un échange d’un an - pays qu’elle ne quittera plus - elle débattait déjà du sujet avec son petit frère et se passionnait pour les articles de l’investisseur et programmateur Paul Graham. Ce qu’elle préfère aujourd’hui ? "La stratégie" mais aussi l’apprentissage permanent, "tant sur le plan professionnel que personnel, car on évolue avec sa propre entreprise."

Diversification

À ses débuts, Vizzia déploie des solutions de vidéoprotection pour lutter contre les dépôts sauvages. Depuis, la start-up a élargi son champ d’action à la sûreté, un marché en plein essor en France, notamment depuis les élections municipales, où la sécurité urbaine s’est imposée au cœur des débats. "Le secteur a besoin d’innovation. Aujourd’hui, les caméras sont encore fibrées et reliées à des serveurs physiques, ce qui provoque des installations longues et souvent inadaptées aux besoins des enquêtes", explique la dirigeante, qui développe la société aux côtés d’Alexandre Leboucher, rencontré à Polytechnique après ses études à HEC.

 "Avec mon associé, nous ne nous projetons pas ailleurs que dans cette entreprise"

Les bornes mobiles et autonomes installées sans travaux par Vizzia dans les villes du Havre, de Saint-Tropez ou encore de Bonifacio, se révèlent plus fiables que les dispositifs traditionnels. Les agents peuvent accéder à distance à des données hébergées et protégées sur un cloud français alors que, jusque-là, il leur fallait se déplacer pour consulter les vidéos. En douze mois, plus de 110 000 incivilités ont été traitées grâce à ces dispositifs pour plus d’un million d’euros d’amendes recouvrées.

Katrin de Proyart pilote la partie business, marketing et finance, tandis que son associé, CTO, se concentre sur le développement tech et produit. En six mois, elle a mené deux tours de table de 16 et 30 millions d’euros dans un marché plus exigeant sur les levées de fonds. Ces capitaux doivent permettre de développer des fonctionnalités, d’aller sur d’autres marchés européens (Royaume-Uni et Italie dans un premier temps) et de recruter une vingtaine de collaborateurs supplémentaires.

Bien s’entourer

L’équipe, forte de plus de 130 personnes, est constituée avec soin. "Avec mon associé, nous ne nous projetons pas ailleurs que dans cette entreprise, il est donc nécessaire de nous entourer de personnes avec qui le courant passe." Ce "fit" compte parmi les critères déterminants au moment des recrutements. Katrin de Proyart se souvient d’ailleurs d’un conseil d’un ancien dirigeant du CAC 40 : "La question que je me pose lorsque je recrute quelqu’un est : aurais-je aimé qu’il soit mon gendre ? Lui confierais-je mon enfant ?"

Reste que les entrepreneurs ne sont jamais à l’abri d’une erreur. "On a beau nous prévenir sur certains sujets, on les fait quand même. C’est un passage obligé", reconnaît Katrin de Proyart. À 29 ans, la CEO s’apprête à devenir mère. Si elle s’attend dans les mois qui viennent à pouvoir un peu moins lire – une passion qu’elle partage avec son mari –, elle compte bien continuer à s’investir dans son entreprise, elle qui adore son métier.

Olivia Vignaud

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