Lors de la construction ou de la rénovation d’un établissement scolaire, les collectivités doivent choisir des matériaux pensés pour résister à un usage quotidien parfois très intensif.
Marchés publics et patrimoine scolaire : quels critères de revêtement de sol intégrer dans les appels d'offres des collectivités ?
Le revêtement de sol en fait partie : il doit supporter les déplacements des élèves et du mobilier, les nettoyages répétés… tout en conservant ses qualités pendant de nombreuses années.
C’est pourquoi, au moment de rédiger un appel d’offres, le prix ne suffit pas à départager les solutions. Pour que le revêtement de sol soit adapté aux contraintes des écoles, le cahier des charges doit définir plusieurs autres critères décisifs. Lesquels ?
Le coût global sur toute la durée de vie du revêtement
Depuis la directive européenne du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics, les collectivités peuvent retenir le “coût du cycle de vie” d’un bien dans l’analyse des offres reçues. Dans le cas des revêtements de sol, cela signifie que le prix d’achat n’est pas le seul critère à prendre en compte : il faut aussi ajouter les frais engendrés par la pose, l’entretien, les éventuelles réparations, son remplacement, etc.
Même si ces dépenses sont réparties sur plusieurs années (voire décennies), elles peuvent au final revenir plus onéreuses que l’investissement de départ. Le coût du cycle de vie permet aux collectivités d’estimer le coût réel du revêtement de sol sur toute sa durée d’utilisation, et de choisir la meilleure solution en toute connaissance de cause.
La durabilité et la résistance du revêtement de sol
Les pièces d’un établissement scolaire ne sont pas soumises aux mêmes contraintes. Les salles de classe voient les chaises et les tables être déplacées plusieurs fois par jour, les couloirs accueillent un passage continu, le gymnase est davantage exposé à l'usure… Un même revêtement ne répond donc pas forcément à tous les besoins.
Définir les performances attendues dès l'appel d'offres, notamment dans le CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières), permet de découvrir la solution la plus adaptée à chaque espace. Parmi les éléments qui peuvent être précisés : la résistance au passage intensif ; la résistance aux rayures et aux chocs ; la possibilité de remplacer une partie du revêtement lorsqu'il est endommagé (sans refaire toute la surface), etc.
Une fois que les entreprises ont toutes les informations nécessaires pour formuler leur réponse, elles pourront proposer des solutions plus pertinentes aux collectivités.
Les exigences réglementaires à intégrer dans l’appel d’offres
Parce que les écoles sont des établissements qui reçoivent du public (ERP), leur revêtement de sol est sujet à des règles de sécurité strictes :
La réaction au feu : dans un ERP, le choix du revêtement doit tenir compte de son comportement en cas d’incendie. Celui-ci est évalué grâce au classement Euroclasse (norme NF EN 13501-1).
La limitation des risques de glissade : certaines zones sont plus exposées au passage ou à l’humidité et nécessitent un sol antidérapant (en particulier dans les halls d’entrée, les couloirs ou les réfectoires).
Le classement UPEC (Usure, Poinçonnement, Eau, agents Chimiques) : il indique si un revêtement est suffisamment résistant pour l'usage prévu. Il analyse le passage, les marques laissées par le mobilier, l'humidité et les produits d'entretien.
L’étiquetage des émissions de COV (composés organiques volatils) : il permet de mesurer ce que le revêtement de sol dégage dans l’air intérieur. L’échelle va de A+ (très faibles émissions) à C (émissions les plus élevées).
L'impact sur la qualité d'accueil des élèves
Les usages quotidiens de l'établissement comptent tout autant dans le choix du revêtement. Dans une salle de classe, le niveau sonore peut rapidement impacter la concentration des élèves. L’arrêté du 25 avril 2003 fixe un seuil maximal de 60 dB pour les bruits d’impact (pas, mobilier) dans les établissements d’enseignement : un sol acoustique contribue ainsi à améliorer les conditions d’apprentissage.
L’entretien du sol joue également : certains sont plus simples à nettoyer, d’autres sont mieux adaptés aux usages intensifs. Selon les besoins, plusieurs solutions peuvent être envisagées : revêtements vinyle ou PVC, linoléum, etc.
Enfin, le revêtement de sol est un moyen de délimiter les zones de circulation. Selon sa couleur ou ses motifs, il offre aux élèves un repère visuel simple et les aide à se déplacer plus facilement au sein de l’école.
En résumé : lors d’un appel d’offres, le prix d’achat n’est qu’une donnée parmi d’autres. Pour choisir un revêtement réellement adapté à un établissement scolaire, il faut regarder le revêtement de sol dans sa globalité : son coût sur plusieurs années, sa résistance réelle, sa facilité d’entretien et sa façon d’améliorer l’accueil des élèves.
