François Jolivet, député LREM de l’Indre, souhaite proposer une loi pour limiter l’usage de l’écriture inclusive dans les établissements scolaires. Une mesure, selon lui, républicaine et transpartisane.

Décideurs. Pourquoi souhaitez-vous interdire l’écriture inclusive dans les établissements scolaires ?

François Jolivet. Je note que, depuis quelque temps dans les écoles, des enseignants tentent d’introduire l’écriture inclusive dès l’enfance. En octobre 2017, l’Académie française s’est pourtant élevée à l’unanimité contre cette pratique qui aboutit, selon elle "à une langue désunie, disparate" qui "crée une confusion qui confine à l’illisibilité". Le ministère de l’Éducation est également vent debout contre cette nouvelle langue qui n’est pas du français.

Et pourtant, elle progresse. Pour les élèves, c’est une catastrophe qui complique l’apprentissage, la lecture. Notamment pour les élèves qui souffrent de dyslexie, de dyspraxie et de dysphasie. Ces derniers risquent de prendre un retard irrattrapable dans leur scolarité. Interdire l’écriture inclusive dans les écoles est donc une mesure de bon sens qui prend en compte l’intérêt des enfants.

Ne s’agit-il pas d’un petit phénomène ?

Même s’il est minoritaire, il avance de manière rampante. C’est avant tout un acte militant. Or, le militantisme n’a pas sa place dans les écoles de la République qui doivent rendre un service public et assurer l’égalité entre tous. À partir du lycée, lorsque les bases sont acquises, il est possible d’expliquer aux jeunes le but de l’écriture inclusive. Mais ce doit être un éveil et non un mode d’apprentissage.

"L'écriture inclusive est un acte militant et  une catastrophe pour l'apprentissage de la lecture"

Vous avez tenté d’inclure l’interdiction de l’écriture inclusive dans le projet de loi confortant les principes de la République. Votre amendement a été rejeté. Que s’est-il passé ?

Ce projet de loi contre le séparatisme vise à conforter les grands principes républicains. À mon sens, la langue française en est un. Parler une langue correcte, compréhensible et apprenable par tous est un ferment d’identité nationale. Mon amendement a hélas été jugé irrecevable par Richard Ferrand car il modifierait le code de l’Éducation nationale, ce qui n’est pas l’objectif initial de la loi. Je le conçois totalement, je ne désarme pas et prépare la suite.

Que comptez-vous faire ?

Utiliser une autre voie, tout simplement. Je suis en train de transformer l’amendement en proposition de loi qui sera, dans les semaines à venir, disponible à la signature de l’ensemble des groupes. Lorsque j’ai proposé l’amendement fin janvier, j’ai constaté que des députés de tous les bords politiques étaient intéressés et soutenaient la démarche. Contrairement aux idées reçues, la lutte contre l’écriture inclusive n’est pas qu’une préoccupation de vieux réactionnaire !

Propos recueillis par Lucas Jakubowicz

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