Le parti de Marine Le Pen a conservé la majorité de ses villes dès le premier tour. Mais peu de nouvelles communes devraient enrichir le tableau de chasse du mouvement d’extrême droite.

Pour ce scrutin local, l’état-major du parti s’était fixé un objectif ambitieux : garder la majorité de ses conquêtes de 2014 afin de montrer qu’il est capable de gérer des villes et, à terme, des collectivités plus importantes. Mission accomplie.

Création de place-fortes

Dans la plupart des municipalités qu’il contrôle, le RN a eu l’agréable surprise de voir ses maires reconduits dès le premier tour, parfois avec des scores très élevés. À Hénin-Beaumont, ville laboratoire du frontisme municipal, Steeve Briois, un proche de Marine Le Pen, écrase la concurrence avec 74% des voix. Autre ville symbole, Béziers, dirigée par le très identitaire Robert Ménard, chantre de l’union des droites. L’ancien président de Reporters sans frontières est reconduit haut la main avec un score sans appel de 68%. En Moselle, Fabien Engelmann, issu du syndicalisme d’extrême gauche, poursuit son mandat à la tête d’Hayange en récoltant 63% des voix. Les municipalités RN du sud de la France ont, elles aussi, favorisé les sortants : 59% pour Julien Sanchez à Beaucaire, 57% pour Joris Hébrard au Pontet, 50,6% pour David Rachline à Fréjus… Dans l’Aisne, Villers-Cotterêts renouvelle également sa confiance à son maire Franck Briffault (53%).

À Perpignan, Louis Aliot ne progresse pas par rapport à 2014

Peu de conquêtes

Malgré tout, ce premier tour a comme un goût d’inachevé pour le RN qui risque de perdre certaines communes comme Le Luc ou Mantes-la-Ville (gagnée avec une avance infime de 60 voix en 2014). Surtout, peu de villes sont susceptibles de tomber dans l’escarcelle du parti populiste.

À Perpignan, principale cible du RN, Louis Aliot arrive en tête avec 35,66% des voix, soit un résultat proche de 2014. Certes, il devance nettement le maire LR sortant Jean-Marc Pujol (18,44%), la candidate EELV Agnès Langevine (14,51%) et le député LREM Romain Grau (13,17%). Mais il ne dispose de quasi aucune réserve de voix et pourrait faire les frais d’un front républicain.

Le parti à la flamme reste toutefois en ballotage favorable dans deux communes de plus de 10 000 habitants. À Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, Romain Lopez (47%) est passé à un cheveu d’une élection au premier tour. Le benjamin de l’Assemblée nationale, Ludovic Pajot semble favori à Bruay-la-Buissière dans le Pas-de-Calais, où sa liste réalise un prometteur 38,6%. Le seul rayon de soleil en territoire chti pour l’extrême droite qui accumule les déconvenues dans une zone géographique où elle nourrit de grands espoirs.

L’enfer du Nord

À Denain, le député Sébastien Chenu est privé de second tour puisque la maire PS sortante, Anne-Lise Dufour-Tonini, est réélue avec 57,11%. En investissant des candidats peu au fait des problématiques locales, le RN s’est sabordé dans deux villes pourtant favorables à ses idées : à Lens, dès le premier tour, le socialiste sortant Sylvain Robert, n’a fait qu’une bouchée de l’ancien candidat de téléréalité Bruno Clavet (originaire du sud de la France). À Calais, la maire LR sortante Natacha Bouchart repasse également dès le premier tour du scrutin contre Marc de Fleurian, un saint cyrien parachuté, sans lien avec la ville. Preuve s’il en est que malgré quelques succès, l’amateurisme des instances du parti, constitue un obstacle à son développement à l’échelle locale.

Lucas Jakubowicz

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