Après une crise qui a pointé du doigt les insuffisances des systèmes sanitaire et industriel français, la santé se retrouve en première ligne du plan France 2030 annoncé par Emmanuel Macron. Coup de projecteur sur les synergies attendues.

Faire de la France la première nation européenne innovante et souveraine en santé », voilà l’objectif du plan Innovation Santé présenté par le président de la République en juin 2021. Dans ce volet dédié à la santé de 7,5 milliards d’euros, 400 millions d’euros sont mobilisés pour le développement des dispositifs médicaux. Dans le sillage post-Covid, à l’instar de la santé mentale, ceux-ci constituent un axe majeur. Un secteur qui pèse déjà lourd dans le pays avec près de 85 000 emplois et 1 500 entreprises, dont 93 % sont des start-up ou des PME. Afin de garantir l’efficacité de ces subventions, quatre axes prioritaires sont déterminés. Il s’agit en premier lieu de cerner des priorités technologiques de santé pour lesquelles 170 millions d’euros seront alloués. Parmi les principales pistes, se tiennent en bonne place l’élaboration de robots chirurgicaux, l’amélioration de la performance et la tolérance sur le long terme des implants et prothèses, ainsi que, de concert, le développement de dispositifs médicaux et solutions numériques.

400 millions d’euros des 7,5 milliards du plan santé seront dédiés aux dispositifs médicaux

Multiplication des partenariats

D’ores et déjà, 60 millions d’euros soutiendront la sensibilisation et l’acculturation des professionnels de santé à ces innovations. De fait, on attend la multiplication de partenariats entre les acteurs industriels et les structures de soins, afin d’aligner au mieux les inventions à la demande du marché et d’accélérer l’adaptation des dernières technologies. Ainsi, on peut imaginer que les entreprises nationales pourront organiser des démonstrations de leurs produits et réaliser leurs première ventes en France, plutôt qu’à l’étranger. De la sorte, les subsides seront aiguillés en priorité vers des entreprises implantées sur le sol français.

Depuis la production de masques jusqu’à celle des vaccins, la France a manqué de réactivité. Le contexte sanitaire soulignant, s’il le fallait, la nécessité de resserrer le tissu industriel national. Un des objectifs de la planification sera de réindustrialiser le pays grâce aux secteurs des dispositifs médicaux (DM), de la biothérapie et des maladies infectieuses émergentes.

Un des objectifs sera de réindustrialiser le pays grâce aux secteurs des DM

La relocalisation en perspective

À cette fin, des projets de relocalisation soutiendront les DM les plus innovants : 140 millions d’euros permettront ainsi de mieux capitaliser sur le marché intérieur. Un premier indice encourageant s’esquisse en matière de propriété intellectuelle : ce sont les entreprises du domaine de la santé qui ont déposé le plus de brevets en 2021. Enfin, plus en aval de la chaîne de l’innovation, le dernier objectif est de faciliter, mais également de sécuriser, l’accès au marché des dispositifs médicaux aux start-up et PME. En réponse au renouvellement des lois relatives au marquage CE, 30 millions d’euros seront attribués à la collaboration directe entre les organismes de certification réglementaire et les entreprises, afin d’augmenter la capacité de traitement des institutions et d’accompagner massivement les structures dans leur mise en conformité européenne.

Outre les synergies entre les différents secteurs de la santé, les perspectives du plan France 2030 montrent l’espoir que revêt l’innovation dans une période marquée par un certain pessimisme. Elle confirme aussi qu’il y aura définitivement un avant et un après pandémie, puisque la santé représente désormais près d’un tiers de cette planification ; ce qui était inimaginable jusque-là.

Tom Laufenburger

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