Troquer l’image d’un groupe industriel traditionnel pour celle d’une entreprise au service de la préservation et du respect des territoires : telle est la stratégie déployée depuis huit ans par la jeune dirigeante à la tête de Serfim.
Alexandra Mathiolon (Serfim), bâtir un monde durable
Le parcours d’Alexandra Mathiolon débute à l’École nationale supérieure des Mines de Saint-Étienne, où elle se spécialise en ingénierie civile. Très tôt, elle s’intéresse aux enjeux énergétiques et environnementaux. Une première expérience professionnelle à Singapour l’amène d’ailleurs à travailler sur l’efficacité énergétique des bâtiments. Elle approfondit ensuite ces questions à l’Imperial College de Londres, où elle obtient en 2013 un Master of Sciences Sustainable Energies Futures.
Avant de rejoindre l’entreprise familiale, Alexandra Mathiolon choisit de faire ses armes ailleurs. Elle intègre donc le cabinet McKinsey & Company, où elle exerce pendant quatre ans comme consultante en stratégie. Une expérience structurante qui lui permet d’acquérir une vision globale de l’entreprise, de ses transformations aux stratégies de croissance – marketing, développement de produit, innovation, etc.
Reprendre le fleuron familial
L’arrivée dans une entreprise familiale n’est jamais un simple passage de relais, surtout lorsqu’il s’agit de prendre la tête du grand groupe industriel français Serfim, présidé par son père depuis 1985. En 2018, Alexandra Mathiolon rejoint pourtant le groupe en tant que directrice adjointe de la branche Serfim Énergie. En 2020, elle devient directrice générale du groupe, puis en prend la présidence en 2023. Une progression rapide qui s’accompagne de nombreux changements. Sa vision de l’entreprise dépasse largement la seule performance économique : l’industrie doit être un moteur des grandes transitions contemporaines. Convaincue que les indicateurs financiers ne suffisent plus à mesurer la réussite d’une organisation, elle place les enjeux sociaux, environnementaux et sociétaux au cœur de la stratégie de SERFIM.
Respecter le vivant
Après huit ans dans l’entreprise, l’ambition de la jeune trentenaire mère de famille s’est traduite par des projets structurants. Parmi eux, un plan déployé à tous les niveaux de l’entreprise, Prevent’im, pour ancrer durablement la culture de la prévention et viser le « zéro accident ». Plus généralement, tracer une nouvelle feuille avec CAP 2030 pour accélérer entre autres sur la transition énergétique, la préservation des ressources et la résilience des infrastructures.
La stratégie de faire de Serfim non seulement un acteur industriel solide mais aussi un bâtisseur de solutions pour un monde plus durable semble avoir fait ses preuves. En effet, le groupe compte aujourd’hui plus de 3000 collaborateurs et a dépassé les 620 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Clara Lelièvre
