Alors que l’arrivée de Benjamin Smith à la tête du groupe en 2018 donnait un nouveau souffle à la compagnie aérienne, celle-ci est touchée de plein fouet par la crise sanitaire. Si les États français et néerlandais se montrent présents, le groupe a dû aussi se lancer dans de nouvelles transformations et opérations financières pour assurer son avenir.

Nommé à la direction générale d’Air France-KLM en 2018, Benjamin Smith devait se douter que son poste ne serait pas exempt de quelques turbulences. Il ne savait sans doute pas à quel point. Alors qu’il prend la suite du patron démissionnaire Jean-Marc Janaillac sur fond de grèves à répétition, le Canadien présente son plan de vol pour l’entreprise en 2019. Au menu : déminer les conflits sociaux restants, développer Transavia, la filiale low-cost du groupe notamment pour redresser les comptes sur le marché domestique français, densifier les avions pour être davantage compétitif, etc. Le défi promettait déjà d’être de taille mais c’était sans compter sur la crise sanitaire et ses répercussions

Mesures additionnelles

Dès avril 2020, Paris monte au créneau pour aider son fleuron et le secteur aéronautique, incontournable pour l’économie du pays. Montant de l’aide du gouvernement : 7 milliards d’euros dont 4 milliards permis par un prêt garanti l’État (PGE), la somme restante relevant d’un prêt d’actionnaire. Un soutien à ne pas confondre avec "un chèque en blanc", Air France devant faire "un effort pour être plus rentable (…) et devenir la compagnie aérienne la plus respectueuse de l’environnement de la planète", insistait le ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

6 500 suppressions d'emplois sont prévues, si possible sans licenciements

En 2020, Benjamin Smith lance un nouveau plan d’adaptation de l’entreprise. Objectif : réduire de 40 % l’offre sur les vols nationaux français d’ici à fin 2021 avec la fermeture de certaines destinations lorsqu’il existe une alternative ferroviaire à moins de 2h30 et lorsque le service n’alimente pas Roissy-Charles-de-Gaulle. Le tout "sans souffrances sociales". Pour ce faire, le dirigeant propose un plan massif de départs volontaires et des départs à la retraite non remplacés. En tout : plus de 6 500 suppressions d’emplois sont prévues, si possible sans licenciement.

Levées de fonds et négociations

En attendant de récolter les fruits de l’adaptation de ses forces vives à un marché aérien qui promet d’être durablement touché par la crise et la concurrence, Air France-KLM se muscle financièrement, visant les 4 milliards d’euros de recapitalisation. Au printemps dernier, le groupe menait plusieurs opérations afin de restaurer ses fonds propres dont une levée de fonds de plus d’un milliard. D’autres sont appelées à suivre, telles que des émissions actions ou des instruments de quasi-fonds propres. Pour ce faire, en mai, les actionnaires du groupe étaient invités à adopter des résolutions extraordinaires. L’entreprise attend désormais "les bonnes conditions sur le marché" pour agir. Parallèlement, le groupe a obtenu un rééchelonnement de son PGE et discute avec l’État néerlandais et la Commission européenne pour transformer son prêt d’actionnaire de 1 milliard d’euros à KLM (sur 3,4 milliards de soutien de la part du pays) en quasi-fonds propres. La recapitalisation n’est pas achevée.

Mais le ciel se dégage déjà pour la compagnie. En octobre, Air France-KLM annonçait anticiper un excédent brut d’exploitation (Ebitda) positif pour 2021 après que celui-ci est revenu dans le vert au troisième trimestre, notamment grâce à l’allègement des restrictions de voyage. Le chiffre d’affaires trimestriel s’est établi, lui, à 4,57 milliards d’euros, en hausse de 81 % sur un an. De quoi se montrer plus optimiste pour la suite.

Olivia Vignaud

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