Atteint du "virus de l’entrepreneuriat", le Néerlandais est devenu milliardaire en moins de quinze ans grâce à sa dernière création : Adyen.

Pieter van der Does est un héros peu connu dans l’Hexagone. Pourtant, cet amiral du XVIe siècle était le surintendant de la flotte des Provinces-Unies lors de la victoire contre l’Invincible Armada. Un homme qui n’a pas eu peur de partir à l’abordage alors que le succès n’était pas garanti. En ce début de XXIe siècle, un homonyme fait à son tour parler de lui. Mais ce ne sont plus les conquistadors qui tremblent en entendant son nom. Plutôt les banques traditionnelles.

Entrepreneur dès l’enfance

Le Pieter van der Does actuel est à la tête d’Adyen, licorne et pépite de la fintech mondiale qui promet un paiement en ligne automatisé et sécurisé entre les commerçants et leurs clients. Et ceci dans plus de deux cents pays et à un prix attractif. Plus qu’un banquier, le Hollandais est avant tout un entrepreneur. Ses proches racontent que, dès l’âge de 10 ans, il avait monté une petite affaire de réparation et de revente de mobylettes. L’argent gagné était immédiatement réinvesti dans des combinaisons et des planches de surf, sa grande passion avec l’alpinisme. Après des études d’économie à l’université d’Amsterdam et de la Sorbonne, il commence sa vie professionnelle à ING, grande banque du pays des polders. Mais, très rapidement, l’envie d’être son propre patron le reprend. En 1999, avec Arnout Schuijff et quelques amis, il crée Bibit, l’une des premières compagnies de paiement en ligne revendue plus de 100  millions d’euros cinq ans plus tard à la Royal Bank of Scotland. La manne récoltée est réinvestie deux ans plus tard dans Adyen. Atteindre un objectif puis se lancer dans un autre plus ambitieux. Voilà l’esprit d’Adyen qui, au Surinam, signifie repartir de zéro. Pour mieux se hisser vers les sommets.

A dix ans, Pieter van der Does possédait déjà sa propre entreprise

Jouer dans la cour des grands

Le développement d’Adyen est insolent. Le groupe trouve très rapidement l’oreille de grands clients tels que Groupon. En 2012, il ouvre des bureaux aux États-Unis, à Londres et Paris. Il lance également sa première offre pour les points de vente. En 2018, il met sur le marché son propre API et s’introduit en Bourse. Devenue licorne, la société fait désormais partie du cercle fermé des poids lourds de la fintech, est présente dans les petits commerces mais gère également les paiements en ligne de géants tels qu’Airbnb, Uber, Spotify, Netflix, L’Oréal ou encore Sephora. En dépit d’une croissance rapide, Pieter van der Does fait tout son possible pour maintenir l’esprit start-up des débuts.

Bien-être au travail

Malgré un effectif qui dépasse le millier de collaborateurs, le Néerlandais qui se définit luimême comme un être grégaire tient au sacro-saint  "apéro du vendredi" qui nécessite de plus en plus de verres, croissance oblige. Tous les salariés du groupe, et pas uniquement les membres du comité de direction, reçoivent des stocks options. Le PDG refuse également de faire grandir sa création en rachetant d’autres entités de peur que l’afflux massif de nouveaux arrivants chamboule les habitudes. Pour continuer sa croissance, Adyen mise sur un faible turnover des équipes satisfaites et des clients de plus en plus nombreux. Pour le moment, la recette est gagnante.

Lucas Jakubowicz

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