Talan rachète Ai3, entreprise spécialisée dans les solutions Microsoft. Objectif : couvrir davantage de solutions, telles que les outils collaboratifs. Gérard Barbosa, directeur de Talan Solutions, revient sur l’intérêt de cette opération et sur les transformations technologiques qui attendent ses clients.

Décideurs. En septembre, vous annonciez le rachat de Ai3, entreprise spécialisée dans les solutions Microsoft. Comment cette opération est-elle née ?

Gérard Barbosa. Nous avons rencontré Ai3 lors d’un événement Microsoft à Las Vegas. Depuis un an, nous travaillons ensemble sur des projets. Nous avons regardé si nos ADN étaient compatibles. C’est-à-dire si nous partagions les mêmes valeurs. Car un rapprochement industriel, c’est d’abord un rapprochement d’hommes et de femmes.

Quelles sont vos complémentarités ?

Cela fait quelques années que Talan travaille avec des plateformes comme celle de Microsoft. Nous sommes notamment présents sur l’exploitation des données et la gestion de la relation client (CRM). Tandis qu’Ai3 déploie des solutions de collaboration, comme Teams ou des outils de partage de réunions et de documents. Ce que l’on appelle le "modern workplace". Nous étions donc présents dans certains domaines et eux dans d’autres. Notre mariage semblait logique et nous permet de couvrir l’ensemble de la plateforme Microsoft.  

La crise ne vous a pas fait douter de l’intérêt de poursuivre une telle opération ?

Nous étions prêts avant la crise. Nous voulons démontrer que c’est justement pendant cette période qu’on a besoin de ces outils. Le contexte donne encore plus de sens à cette opération. D’ailleurs, nous regardons encore ce qui se fait sur le marché. Nous allons continuer à accélérer.

Au-delà de la partie innovation et transformation numérique, votre cœur de métier est le conseil…

Nous accompagnons nos clients dans leurs transformations. Nous ne nous lançons pas dans de longs programmes, nous faisons du conseil opérationnel, nous voulons apporter de la valeur très rapidement. C’est ce que recherchent nos clients et Microsoft est une solution techno, un levier, qui permet d’actionner des changements. Nous utilisons aussi ce que proposent Amazon et Google.

"Il faut encadrer, orchestrer, mettre en place des temps de pause, partager les bons documents avec les bonnes personnes aux bons endroits, sinon c’est la jungle."

Le confinement aura accéléré la mise en place de solutions de ce type. Comment procédez-vous ?

Certains de nos clients étaient réticents face aux outils collaboratifs. Ils ont bifurqué à 180 degrés et nous avons pu mettre en place le télétravail en moins de trois semaines afin d’éviter une rupture d’activité. On peut développer rapidement ces outils mais l’usage qu’il en est fait s’avère aussi très important. Il faut que les collaborateurs adhèrent et les utilisent à bon escient. Il est normal, lorsqu’on met en place une solution, qu’elle puisse créer de l’émulation mais l’ultra-sollicitation provoque du stress et l’effet inverse de celui recherché. Il faut encadrer, orchestrer, mettre en place des temps de pause, partager les bons documents avec les bonnes personnes aux bons endroits, sinon c’est la jungle.

Vos solutions sont-elles à la portée financière de petites entreprises ?

Bien sûr. En peu de temps et à peu de frais, nous pouvons accompagner les petits commerces. Par exemple, pour respecter les règles de distanciation physique, il est possible de mettre en place des systèmes qui referment les portes en fonction de la densité de personnes dans une zone. Pour cela, il faut une caméra – qui peut être une caméra de sécurité – et notre algorithme qui analyse la vidéo. Avec un système comme celui-ci, l’entreprise ne mobilise pas de personnel pour cette tâche et dégage de la valeur rapidement.  

Et au-delà du déconfinement, quels sont les sujets de transformation dont les entreprises doivent se saisir ?

On parle beaucoup d’intelligence artificielle, d’IoT. Il faut passer du concept au concret. Nos clients ont peur de la technologie et de l’investissement. Or, la première est mûre et les coûts moins onéreux qu’auparavant. Par exemple, afin d’éviter les files de taxis à la sortie des gares a été mis en place un système qui, à partir des données de trafic de passagers, émet des alertes pour les taxis. Ce qui permet de fluidifier le trafic. Beaucoup reste aussi à faire afin d’optimiser la supply chain, on s’en est bien rendu compte pendant le confinement. En utilisant les données, on peut optimiser de nombreuses choses, améliorer le quotidien et prendre des décisions rapidement. Il faut commencer petit, dégager de la valeur et cela créera un effet boule de neige qui donnera envie aux gens d’aller plus loin.

Propos recueillis par Olivia Vignaud

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