«?La crise a profondément changé la stratégie des banques d’affaires?»
Décideurs. Quel est le bilan de l’acquisition de Merrill Lynch par Bank of America ?
Luc Rémont.
Très positif. L’intégration s’est faite en moins d’un an, ce qui, pour la taille des deux sociétés, est impressionnant. Aujourd’hui, nous continuons à monter en pression en profitant des nombreuses synergies. L’adéquation entre ces deux groupes était parfaite. Merrill Lynch était une banque d’affaires leader dans tous ses secteurs d’activité alors que Bank of America était la banque de détail leader aux États-Unis. D’ailleurs, Bank of America envisageait de se développer dans la partie banque de financement avant la crise et Merrill Lynch était une cible à laquelle elle s’intéressait déjà.

Décideurs. Dans un marché de plus en plus concurrentiel, quel est votre positionnement ?
L.?R.
Nous sommes spécialisés dans le conseil stratégique et les solutions de marchés de capitaux. Nous proposons à nos clients une approche conseil globale, des fusions et acquisitions jusqu’à l’optimisation de la structure du capital. En tant que grande banque intégrée, nous sommes en mesure de fournir à nos clients une solution de «?one-stop banking?», couvrant à la fois le conseil financier, le financement bancaire et les marchés financiers, ainsi que toute une palette de services financiers (notamment la couverture de taux ou change, les produits dérivés, la gestion de trésorerie…).
Stéphane Courbon. Ce positionnement large, combiné à notre présence internationale, nous permet d’être l’un des rares acteurs à pouvoir réaliser seuls de grandes opérations partout dans le monde pour un groupe international implanté en France.

Décideurs. Comment décrieriez-vous votre relation avec vos clients ?
S.?C.
Nous cherchons à construire une relation durable. Nous travaillons par exemple de façon récurrente avec de nombreux groupes industriels de renommée internationale. Nous jouons à fond notre rôle de conseil et n’hésitons pas à conseiller à un client de ne pas réaliser une opération lorsque nous pensons qu’elle n’est pas optimale pour lui.
L.?R. La crise a profondément changé la stratégie des banques d’affaires en la matière. Pour faire une compa­raison qui sera plus parlante, nous ne sommes pas des vendeurs immobiliers mais plutôt des conseillers immobiliers. On ne cherche pas à rentrer du chiffre pour rentrer du chiffre, il faut que cela fasse sens.

Décideurs. Comment est organisé le bureau parisien ?
L.?R.
En France, nous comptons dix managing directors dont quatre responsables produits (ECM, DCM, corporate banking). Pascal Bay dirige l’activité corporate banking et DCM et Stéphane Courbon l’activité investment banking. Nos banquiers parisiens travaillent en étroite collaboration avec les autres experts secteurs et produits à travers le monde, et en particulier avec notre bureau de Londres, où nos équipes produits et sectorielles sont directement associées à la couverture des clients français.
S.?C. En banque d’affaires, les équipes comprennent des managing directors, en charge des relations avec les clients entreprises et institutionnels. Les équipes sont organisées selon trois dimensions : par secteur, par produit et par zone géographique.

Décideurs. Quelles sont vos ambitions pour les années à venir ?
L.?R.
Nous visons la place de première banque internationale sur le marché français. Pour y arriver, notre stratégie est, tout en nous appuyant sur la force du réseau mondial de Bank of America Merrill Lynch, de renforcer notre ancrage local sur le marché français, pour servir nos clients français partout dans le monde.

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