Le 4 juin 2025, le Prince Albert II avait annoncé la nomination de Philippe Mettoux au poste de ministre d’État de la Principauté de Monaco. L’intéressé a finalement décliné l’offre.
Ministre d’État à Monaco, pourquoi Philippe Mettoux renonce
Retournement de situation sur le Rocher. Philippe Mettoux a annoncé de bon matin, ce vendredi 27 juin, qu’il n’occuperait finalement pas les fonctions de ministre d’État à Monaco pour lesquelles il avait été désigné au début du mois par le Prince Albert.
Dans un post LinkedIn, le directeur juridique et compliance de la SNCF évoque l’existence de « forces négatives et contraires sont d’ores et déjà à l’œuvre pour faire perdurer les pratiques archaïques du passé et (l)’empêcher de mener à bien » sa mission. « Je ne disposerai pas des leviers indispensables pour écrire la nouvelle page, pourtant appelée de ses vœux par le Souverain et qui est nécessaire au rayonnement, à la stabilité et au redressement du pays », explique ce conseiller d’État.
Les dossiers du Rocher et la liste noire
C’est « la mort dans l’âme » que Philippe Mettoux prend acte de ces réalités et renonce aux fonctions de Premier ministre monégasque. Dans son écrit, il souhaite à la Principauté de retrouver « de la sérénité et tout le sens de ses valeurs ». En proie à des crises à répétition et très exposé à la corruption et au blanchiment, Monaco est un territoire complexe. Il y a tout juste deux jours, l’ancien président du tribunal suprême de Monaco,
Didier Linotte a été inculpé pour corruption, trafic d’influence et prise illégale d’intérêt. Cette mise en accusation résulte de diverses enquêtes – une trentaine – lancées après la diffusion de révélations, en 2021, sur le site internet « Dossiers du Rocher ». Un corbeau pointait du doigt pour collusion quatre anciens proches d'Albert II, y compris l'avocat personnel du prince, Thierry Lacoste, son comptable Claude Palmero et Didier Linotte.
Les autorités judiciaires tentent de faire la lumière sur la décision du tribunal suprême qui a condamné en 2020 l'État monégasque à verser 136 millions d'euros (hors intérêts) à la société Caroli pour l'abandon d'une opération immobilière d'envergure. Une « fable » selon l’avocat de Didier Linotte, Pascal-Pierre Garbarini, qui rappelle la collégialité de la décision adoptée par 5 sur les 7 membres du tribunal. Le 10 juin dernier, la Commission européenne avait ajouté Monaco à sa liste noire : celle des pays à « haut risque » en matière de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme.
Philippe Mettoux devait prêter serment et prendre ses fonctions le 4 juillet prochain.
Anne-Laure Blouin

