Bientôt, la croissance économique d’un pays ne s’évaluera plus en fonction de son capital mais en fonction de son degré de maturité en IA. Ce changement de référentiel en dit long sur les mutations à venir.

La première révolution industrielle a utilisé le charbon et la vapeur pour mécaniser la production, la seconde s’est servie de l’énergie électrique pour créer la production de masse et la troisième a mis à profit l’électronique et la technologie de l’information pour en automatiser les processus. Mais la quatrième révolution, qui se déroule aujourd’hui, aura des conséquences encore plus importantes. Car cette fois-ci, l’énergie utilisée – la data – est inépuisable, et la technologie – l’intelligence artificielle – ne concerne plus notre force physique mais notre capacité à raisonner. Grâce à la multiplication des capteurs et des interfaces de connectivité, son potentiel est sans limite. Dernier exemple en date : la voiture autonome et connectée. Longtemps perçue comme un rêve, elle est aujourd’hui devenue une réalité.

Les entreprises au centre du changement

Pour les entreprises, les changements portent aussi bien sur les systèmes de production que sur les questions de gestion et de gouvernance. Conscientes de la révolution en cours, 80 % des sociétés de plus de 1 000 employés réalisent déjà des investissements dans l’IA. D’ici à 2020, ces derniers se chiffreront à 465 millions d’euros en France, selon le cabinet IDC. Une démarche rentable puisque, à en croire la société de conseil McKinsey, les premières entreprises à se convertir à l’IA afficheront des marges bénéficiaires de 5 % à 15 % plus élevées que leurs concurrentes. 
Bientôt, la croissance économique d’un pays ne s’évaluera plus en fonction de son capital mais en fonction de son degré de maturité en IA. Ce changement de référentiel en dit long sur les mutations à venir. En France, l’IA devrait augmenter la productivité nationale de plus de 20 % d’ici à 2035. Si ce chiffre peut paraître élevé, il est en réalité faible comparé à celui d’autres puissances économiques. Aux États-Unis, la productivité devrait progresser de 35 % sur la même période. Conscient de ce retard, le gouvernement s’est largement saisi du sujet. À l’image de Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, qui estime que « la meilleure façon de prédire l’avenir, c’est de le construire en accompagnant le changement ». Aux entreprises de s’y atteler.

Vincent Paes

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