Le dirigeant pilote une vingtaine de sites au sein de l’un des fleurons du tourisme français. Prochaine étape ? S’étendre en Normandie. La récente cession de la biscuiterie devrait donner au groupe les moyens de ses ambitions.
Léo Vannier (Groupe La Mère Poulard) : Voir plus loin que le Mont-Saint-Michel
Le 3 mars, l’Élysée publie une courte vidéo : l’avion présidentiel, escorté de quatre Rafale, survole le Mont-Saint-Michel. La séquence fait le tour du monde et contribue à mettre en lumière l’une des principales destinations touristiques de l’Hexagone. Avec près de trois millions de visiteurs par an, le site à la frontière de la Bretagne et de la Normandie figure parmi les plus fréquentés de France en dehors de la région parisienne. Pour les professionnels du tourisme et de l’hôtellerie, y être présent est une aubaine, y être solidement implanté, un véritable jackpot. C’est le cas du Groupe La Mère Poulard.
Étendre sa toile
La success-story commence en 1986. Éric Vannier rachète l’emblématique auberge de La Mère Poulard, active depuis 1888 et célèbre pour ses omelettes. Petit à petit, le groupe s’agrandit. Il compte aujourd’hui 25 sites autour de la célèbre abbaye : 8 restaurants, 6 hôtels, 5 points de ventes à emporter, 3 musées privés et 3 boutiques de souvenirs. Il emploie 160 salariés à l’année et plus de 300 collaborateurs durant la haute saison touristique, pour un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros. Même s’il reste des commerces indépendants, que le site n’est pas soumis à une situation de monopole ou d’oligopole, l’entreprise s’impose comme le numéro un du Mont-Saint-Michel. "En 2025, notre clientèle est à 60 % internationale avec une forte croissance des visiteurs venus d’Europe du Sud et une importance stratégique des Nord-Américains, dont le pouvoir d’achat est de plus en plus élevé", explique Léo Vannier, vice-président d’une société devenue par la force des choses familiale.
"Notre clientèle est à 60 % internationale"
Entreprise familiale malgré elle
Après une enfance et une adolescence passées à Paris, Léo Vannier poursuit ses études à l’Edhec, dont il sort diplômé en 2017. "À ce moment-là, le groupe traverse une période trouble après les attentats ; il fallait du renfort pour une courte période", raconte-t-il. Le provisoire devient permanent et la gouvernance évolue. Le groupe adopte la forme d’une holding familiale dont Éric Vannier est le dirigeant commandité et Léo Vannier le directeur général délégué. Celui-ci est le seul des cinq enfants de la fratrie à travailler auprès de son père.
Cap à terre !
Au quotidien, Léo Vannier s’attache à maintenir l’équilibre délicat propre aux entreprises familiales : assurer la continuité, rester fidèle à l’héritage tout en continuant à se développer.
C’est ainsi qu’il y a quelques mois, le groupe a vendu ce qui était l’un de ses fleurons, la célèbre biscuiterie du Mont-Saint-Michel. Pourtant, la famille Vannier avait investi dans la modernisation des infrastructures et la marque, rentable, bénéficiait d’une forte notoriété. Le choix est rationnel pour le dirigeant : "Il est important de désinvestir au bon moment pour se recentrer sur le tourisme", explique-t-il.
À moyen terme, Léo Vannier souhaite ouvrir de nouveaux établissements et étendre la présence du groupe à l’ensemble de la Normandie et pourquoi pas dans d'autres régions, tout en préservant les mêmes valeurs et le même sens de l’accueil que dans le bastion du Mont-Saint-Michel.
Lucas Jakubowicz

