Le développement des data centers fait augmenter la consommation électrique des États-Unis. Et ce n’est que le début. Pour éviter la flambée des prix et assurer les investissements nécessaires, le secteur se concentre et mise sur l’énergie décarbonée.
Constellation Energy - Calpine, l’énergie au service de la tech
L’IA tire la croissance de l’économie américaine. Mais son développement a un impact peu connu : les data centers font flamber la consommation d’énergie. Une révolution qui n’en est qu’à ses balbutiements.
Les data centers changent la donne
Selon les données de Goldman Sachs, en 2025, les data centers consomment 4,4 % de l’énergie du pays, mais la proportion pourrait monter à 12 %, voire 20 % d’ici à 2030. Pour éviter une explosion des prix et une saturation de l’offre, la première puissance économique mondiale n’a pas le choix : elle doit investir massivement dans l’énergie propre et décarbonée. Elle seule peut assurer des prix stables, une montée en charge rapide ainsi qu’un approvisionnement régulier.
Une abondance d’électricité à coût raisonnable est la condition sine qua non pour faire fonctionner des serveurs géants, permettre des pics de consommation engendrés par des calculs de plus en plus lourds. Pour cela, la concentration du secteur semble inévitable. C’est pourquoi les autorités fédérales voient d’un bon œil le rachat de Calpine par Constellation Energy. Il en est de même pour la Federal Energy Regulatory Commission (FERC). Le régulateur américain a très rapidement validé l’opération annoncée début 2025.
Une abondance d’électricité à coût raisonnable est la condition sine qua non pour faire fonctionner des serveurs géants
Nucléaire, gaz et géothermie dans le même groupe
Constellation Energy, entreprise basée à Baltimore, est spécialisée dans l’énergie nucléaire. Elle possède 21 réacteurs répartis dans 12 centrales. La société de 20 000 salariés est également positionnée sur le solaire, l’éolien et l’hydroélectricité. Son objectif est de produire 90 % d’énergie décarbonée d’ici à 2030. De son côté, Calpine est actif dans la géothermie et le gaz naturel. Unis, les deux sociétés disposeraient de près de 60 gigawatts de capacité provenant de sources à émissions nulles ou faibles.
Gouvernance et investissements
Pour mettre la main sur Calpine, Constellation Energy a mis sur la table 26,5 milliards de dollars. 16,4 milliards prennent la forme de cash et d’actions, le reste correspond au montant de la dette de Calpine entièrement reprise par l’acquéreur.
En ne faisant qu’une, les deux acteurs comptent améliorer leur force de frappe et leurs profits lesquels seront en grande partie réinvestis dans la construction d’infrastructures afin de permettre au pays de l’Oncle Sam de disposer d’une offre croissant aussi vite que la demande. De quoi éviter aux ménages américains une hausse de leur facture énergétique.
En 2030, les data centers ne devraient représenter que 3,2 % de la consommation énergétique de l’UE. Près de sept fois moins que ce qui est prévu aux États-Unis. Preuve, s’il en faut, du déclassement européen
Au niveau de la gouvernance, Joseph Dominguez, actuel CEO de Constellation Energy, devrait prendre les commandes de la nouvelle entité dont le siège serait localisé à Baltimore. Toutefois, l’actuel CEO de Calpine, Andrew Novotny, continuera à piloter l’activité de Calpine de son siège de Houston.
De telles opérations sont-elles possibles sur le Vieux Continent ? Si rien n’est à exclure, un chiffre est à mentionner. Selon le think tank I-Com, en 2030, les data centers ne devraient représenter que 3,2 % de la consommation énergétique de l’UE. Près de sept fois moins que ce qui est prévu aux États-Unis. Preuve, s’il en faut, du déclassement européen sur les innovations de rupture…
Lucas Jakubowicz
