Beaux livres, BD, atlas, roman… Cette liste d’ouvrages est adaptée à tous les types de lecteurs. Si vous séchez sur certains cadeaux, voici quelques idées.

À la barre et en bulles

GrandProces

Oui, il est possible d’écrire sur le droit avec humour et de faire preuve de rigueur juridique. L’incroyable histoire des grands procès en est la preuve. En trois cents pages, l’album décrypte une cinquantaine d’affaires qui ont défrayé la chronique. Après une entrée en matière sur l’Antiquité, le reste des pages se concentre sur l’Histoire de France. L’occasion de retrouver des procès incontournables, tels ceux des Templiers, de Marie-Antoinette, Danton, Mata Hari, Brasillach ou encore Pétain.

Au menu également, des dossiers plus confidentiels, mais qui méritent d’être mis en lumière. Citons notamment les cas de Martin Guerre ou Claude Gueux. Cet ouvrage réussit un travail d’équilibriste : apporter des connaissances supplémentaires aux professionnels du droit tout en s’adressant au grand public. À mettre entre toutes les mains, donc !

L’incroyable histoire des grands procès, de Jane Salmon-Fabiani et Philippe Bercovici, Les Arènes BD, 303 pages, 26 euros

Espaces préservés

WildPaulsen2

Les beaux livres de photographie sont des incontournables à mettre au pied du sapin. Cette année, optez pour celui des Sud-Africains Peter et Beverly Pickford publié chez Paulsen. Les photographes ont parcouru les cinq océans du globe pour un contenu magnifique. Leur mode opératoire ? Immortaliser les lieux sauvages entre les côtes et le grand large. Des lieux où terre et eau, mammifères, reptiles, poissons et cétacés coexistent. Les auteurs ont choisi des teintes sombres pour refléter la réalité des profondeurs. Le rédacteur de cette recension avoue son faible pour les séries réalisées en Arctique et en Colombie-Britannique. D’autres préféreront l’Indonésie, Cuba ou encore les Galapagos et les Seychelles. Tout simplement envoûtant.

Wild, des dernières côtes sauvages à l’océan, de Peter et Beverly Pickford, Paulsen, 336 pages, 49 euros

Libres libraires

LibrairieHantée

Avis à ceux qui ont adoré La librairie ambulante ! Les éditions Récamier publient la suite de cet incontournable de la littérature américaine, et celui-ci est tout aussi enchanteur. Après avoir parcouru le pays pour vendre des livres, Helen et Roger Mifflin se sont installés à Brooklyn. Leur librairie n’est plus nomade. Cette fois, elle serait hantée.

Ce roman est, comme le précédent, un hommage à la littérature. Les libraires peuvent « se révéler aussi utiles que n’importe qui d’autre pour aider le monde à retrouver ses esprits ». Christopher Morley profite de cet opus pour interroger le rôle de ces vendeurs à part. Doivent-ils orienter ou non leurs clients vers des ouvrages de qualité ou les laisser opter pour des pages sans saveur à la mode ? Faut-il présenter les livres comme des produits de première nécessité ou de luxe pour attirer davantage le chaland ? En tout cas, Roger Mifflin se voit comme un médecin qui prescrit des ordonnances contre la malnutrition en matière de lecture, non sans humour.

La librairie hantée, de Christopher Morley, Récamier, 288 pages, 20,90 euros

Alerte aux drones

WInch

Largo Winch, célèbre play-boy milliardaire, est de retour. Le scénariste et romancier Jérémie Guez fait ses premiers pas dans le monde de la BD et reprend tous les ingrédients qui font le succès de la série : innovations technologiques, règlements de compte au sein du groupe W, présence de personnages emblématiques, tels Simon Ovronnaz, Siky Song ou Fred Kaplan, courses poursuites, bagarres, juxtaposition de luxe et de pauvreté…

Cette fois-ci, l’intrigue qui se déroule entre le Nigeria et l’Inde tourne autour d’une innovation du conglomérat Winch : un drone humanitaire que de mystérieux commanditaires veulent utiliser à des fins militaires et terroristes. Cet album classique, conforme aux attentes des lecteurs fidèles, offre une petite nouveauté. Le séducteur invétéré n’a pas encore succombé aux plaisirs de la chair. La principale nouvelle héroïne est une adolescente orpheline pour laquelle Largo semble éprouver une tendresse paternelle. Une potentielle héritière ?

Largo Winch, si les dieux t’abandonnent, de Philippe Francq et Jérémie Guez, Dupuis, 48 pages, 15,95 euros

Proust par ses lettres

LettresProust

Publiée une première fois en 1989, cette correspondance entre Marcel Proust et Gaston Gallimard s’enrichit aujourd’hui de 107 lettres retrouvées, qui s’ajoutent aux 407 déjà connues. Ce supplément offre une lumière plus continue sur les hésitations, les attentes et les ajustements qui accompagnent la naissance d’une œuvre.

La présente édition restitue un compagnonnage fait de bienveillance, mais aussi de malentendus, d’inquiétudes pratiques et d’orgueil littéraire. Proust y apparaît comme un auteur sûr de son génie, mais vulnérable, attentif au moindre détail, soucieux de la forme et de sa postérité. En face, un éditeur qui comprend que la grandeur d’une maison se joue parfois dans l’obstination à défendre une œuvre, et peut-être aussi dans l’art d’accepter qu’elle impose son propre tempo.

Lettres retrouvées (1912-1922), de Marcel Proust et Gaston Gallimard, Gallimard, 240 pages, 21 euros.

Une vie de roman

KesselRaissa

Joseph Kessel était fasciné par La Promesse de l’aube de Romain Gary et Le livre de ma mère d’Albert Cohen. L’âge venant, le célèbre écrivain demanda à sa mère de revenir sur sa vie pour, éventuellement, la transformer en chef-d’œuvre. Il n’en aura jamais l’occasion. Tombées dans l’oubli, les mémoires de Raïssa Kessel ont été retrouvées et publiées par les éditions Arthaud.

Verdict? À elles seules, ces centaines de pages dactylographiées et rédigées dans un style direct et sans fioritures tantôt en russe, tantôt en français, valent un «vrai» roman. Car la vie qui se déroule sous nos yeux est particulièrement romanesque : naissance en Russie, enfance dans la bourgeoisie juive d’Orenbourg, études en France, années passées dans des colonies juives en Argentine. La jeunesse de madame Kessel est hors du commun. Au menu, cosaques, moujiks, gauchos, trains de nuit dans la Russie tsariste, paquebots transatlantiques… Plongez et faites plonger vos proches dans la grande marche de l’Histoire.

Pour mon fils, de Raïssa Kessel, Arthaud, 288 pages, 23,50 euros

Des roseaux et des livres

Infini

L’adaptation en BD de L’Infini dans un roseau reprend le grand récit d’Irene Vallejo sur la naissance des livres dans l’Antiquité. L’album ne se contente pas de condenser le propos. Il met en scène la mémoire matérielle des textes, leur circulation, leur commerce parfois périlleux ainsi que la vulnérabilité de bibliothèques toujours menacées de disparition, mais obstinées à conserver ce qui, sans elles, serait voué à l’oubli.

Les dessins et aquarelles apportent une douceur qui n’est jamais décorative. Ils donnent aux papyrus, aux cargaisons de rouleaux, aux ateliers des copistes et aux salles de lecture une représentation sensible et incarnée.

L’Infini dans un roseau. L’invention des livres dans l’Antiquité, d’Irene Vallejo, scénario de Xisca Mas, adaptation et illustrations de Tyto Alba, Les Belles Lettres, 208 pages, 25,90 euros

Ohé Baleine !

BaleineTete

De prime abord, le lecteur peut penser à une tromperie sur la marchandise : l’auteur ne se place pas dans la tête d’une baleine. Qu’importe. Très vite, le spécialiste des cétacés accroche notre attention en nous parlant, expérience à l’appui, de certains faits peu connus sur les baleines : la modulation de leur « voix », leurs techniques de pêche ou de chasse, leur sens du collectif.

De quoi faire prendre conscience au grand public de la nécessité de protéger ces géants des océans, moins en danger qu’auparavant, mais dont la préservation reste précaire.

Dans la tête d’une baleine, d’Olivier Adam, Humensciences, 240 pages, 19 euros

Cem Algul, Lucas Jakubowicz, Olivia Vignaud

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