Après avoir travaillé pour des annonceurs, elle cofonde l’agence de publicité Belle. Rare femme chef d’entreprise dans le secteur, elle revendique une culture de la diversité. Également business angel, elle a cocréé Leia Capital afin de démocratiser l’investissement féminin.
Solène Madec, la belle affaire
Quand on lui demande en CE1 ce qu’elle aimerait faire plus tard, la réponse de Solène Madec est claire : femme d’affaires. "Cela a beaucoup étonné la maîtresse, mais j’avais déjà compris que c’était une voie formidable pour être libre et avoir de l’impact." Diplômée de HEC, elle exerce dix ans à la FDJ en tant que responsable marketing stratégique. Fondatrice associée de la société de communication Babel, elle crée en 2019 une agence dans l’agence, Belle, qu’elle reprendra avec son associée Nathalie Alvès. L’entreprise peut compter sur leur double compétence dans le business et la publicité qui fait la différence et permet à Solène Madec d’intégrer le cercle très restreint des directrices et fondatrices d’une société dans le secteur.
Optimisme et responsabilité
Belle se définit avant tout comme une organisation optimiste. "Une agence doit réenchanter le quotidien des entreprises, s’inscrire comme un partenaire qui donne de l’énergie et propose des perspectives nouvelles à ses clients", explique la dirigeante. Les campagnes pour relancer Gifi et Flunch ont été construites dans cette optique. Solène Madec se montre aussi ambitieuse. Pour elle, un publicitaire doit parfaire sa technique comme un sportif de haut niveau, se remettre en cause et se dépasser. Enfin, elle insiste sur les valeurs nécessaires à sa pratique. "La pub a un impact très important dans l’imaginaire collectif." Solène Madec cite par exemple le regard porté sur le corps des femmes ou sur la manière dont est traitée la transition écologique. "Tous les communicants ont une responsabilité quant aux images qu’ils proposent."
"Tous les communicants ont une responsabilité quant aux images qu’ils proposent"
Belle revendique une approche novatrice qui permet d’aborder des sujets tels que l’écologie sans culpabiliser le fois les normes. "Je crois à l’intelligence du public. Il faut être à sa hauteur." Ce positionnement lui attire la confiance de beaux noms de la tech, tels que Qonto ou Payfit.
Culture d'entreprise
Mère de jumeaux, Solène Madec assume une culture d’entreprise qui invite les femmes à exprimer leur « plein potentiel", surtout entre 30 et 40 ans, période charnière où la maternité peut les conduire à revoir leurs objectifs à la baisse. L’entrepreneuse pointe le rôle des médias dans le manque de représentation des femmes - de profils divers de manière plus générale - à la télévision, à la radio ou dans la presse. "On voit essentiellement des roles modèles féminins dans la beauté, la gastronomie et la mode. On renvoie les femmes à leur champ d’intervention historique. Or, il faut montrer qu’elles peuvent tout faire."
Au-delà des beaux discours, Solène Madec a créé en 2021 avec une dizaine de personnalités le fonds business angel 100 % féminin Leia Capital. Leur constat de départ : selon le baromètre Sista 2019, seules 5 % des start-up ont été créées par des femmes, 10 % par une équipe mixte, et celles-ci reçoivent en moyenne 2,5 fois moins de fonds que les hommes. "C’est très bien de dire aux femmes qu’elles sont extra mais, à un moment donné, il faut mettre la main au portefeuille." Ce que le véhicule a notamment fait pour Maud Caillaux, la médiatique entrepreneuse de la fintech Green-Got. Un projet ambitieux comme tous ceux portés par Leia Capital.
Olivia Vignaud
Crédit photo : Laurence Revol

