Premier acteur mutualiste de la santé et de la protection sociale en France, VYV a pour mission de rendre la santé accessible au plus grand nombre. Fort de cette raison d’être, le groupe assume de grandes ambitions dans la préservation de la santé de ses collaborateurs. Cécile Lassus-Carrois, DRH groupe de VYV, revient sur ces engagements.
Cécile Lassus-Carrois (VYV) : “Nous comptons 350 secouristes en santé mentale au sein du groupe”
Décideurs RH. Au sein du groupe, comment se structure votre approche de la QVCT ?
Cécile Lassus-Carrois. Le Groupe VYV est structuré autour de trois grands métiers : l’assurance – complémentaire santé, prévoyance, épargne retraite, etc., avec des marques telles qu’Harmonie Mutuelle et MGEN –, les métiers du soin et de l’accompagnement, de la naissance à la fin de vie, avec 1800 établissements en France, et enfin le logement social. Le groupe comprend 48 000 collaborateurs avec des métiers très différents, et dix-huit conventions collectives en vigueur. Cela induit une organisation très décentralisée, sur le plan économique mais aussi social. La direction des ressources humaines groupe a toutefois un rôle d’influence, d’animation, de promotion et de diffusion de bonnes pratiques, notamment en matière de QVCT.
Par ailleurs, nous avons intégré, en 2021, une ambition RH au sein du plan stratégique groupe, qui se décline autour de cinq leviers, tous assortis de plans d’action et d’indicateurs de suivi : la diversité et l’inclusion, l’accompagnement des jeunes et la promotion de l’intergénérationnel, l’employabilité, le développement d’organisations du travail et de pratiques managériales vertueuses, et la préservation de la santé mentale et physique des collaborateurs. Tout cela contribue à prévenir les risques psychosociaux (RPS). De manière plus générale, notre groupe est très féminisé – nos effectifs sont composés à 75 % de femmes –, ce qui met naturellement certains sujets en haut de la pile – l’aidance et la parentalité, entre autres.
Comment sensibilisez-vous les collaborateurs du groupe à ces enjeux ?
Nous avons construit notre approche de la santé mentale autour de trois grandes thématiques : être informé, être orienté, être soutenu. Cela s’est ensuite formalisé au travers de diverses initiatives, allant d’un guide sur la santé mentale et la mise à disposition d’une plateforme pour les urgences d’ordre psychologique, à des conférences régulières, des contenus sur le sommeil et l’hyperconnexion… Nous proposons également une formation aux premiers secours en santé mentale aux collaborateurs RH et à des représentants du personnel, pour les aider à identifier les situations à risque et alerter lorsque cela est nécessaire. À ce jour, nous comptons 350 secouristes en santé mentale au sein du groupe.
Les managers sont, de manière générale, assez démunis face à des collaborateurs qui rencontrent des difficultés d’ordre psychologique. Nous sommes en train de travailler sur des formations spécifiques pour les outiller au mieux.
“Nous avons déployé une plateforme qui propose à tous les salariés concernés de rentrer en contact avec des ‘patients partenaires’”
Vous avez souhaité vous adresser aux personnes atteintes de maladies chroniques. Pourquoi ?
Les personnes qui font face à des défis de santé graves sont particulièrement sujettes à des risques de santé mentale. Elles se posent souvent des questions sur la gestion de cette épreuve dans le cadre de leur vie professionnelle, l’annonce à leur manager, le retour à l’emploi après un arrêt maladie de longue durée… Nous avons ainsi déployé, début 2025, une plateforme proposant à tous les salariés concernés d’entrer en contact avec des “patients partenaires”, qui sont passés par les mêmes expériences et ont été formés. La plateforme, également ouverte aux ayants droit, fournit de nombreuses informations autour de ces sujets. Elle a répondu à un réel besoin des collaborateurs concernés.
Comment encouragez-vous l’employabilité des collaborateurs du groupe ?
Nous en sommes convaincus : chacun doit être acteur de son employabilité. Nous avons ainsi mis à disposition divers outils, et un site intranet spécialisé, destiné à aider chaque salarié à mieux se connaître, se poser les bonnes questions sur son projet professionnel, faire le point sur ses compétences et ses aspirations. Des ateliers mobilité sont également proposés, afin de s’appuyer sur la force du collectif pour faire mûrir un projet réaliste et réalisable. Ce sont des éléments essentiels pour préserver le bien-être des collaborateurs.
Propos recueillis par Caroline de Senneville
Crédit photo : Laura Evrat
