Le dirigeant s’emploie à transformer Malt en plateforme leader de la mise en relation entre entreprises et travailleurs indépendants. Au-delà de la simple gestion, c’est un véritable VRP du statut de freelance qui, selon lui, constitue un progrès et un tournant dans l’histoire de l’emploi.

Ingénieur de formation, Alexandre Fretti débute dans le conseil en organisation et en stratégie. Rapidement, il s’aperçoit que ce qui l’intéresse, ce n’est pas vraiment son travail mais plutôt celui de ses clients. C’est alors qu’il va réorienter sa vie professionnelle et rejoindre WebHelp, groupe spécialisé dans la relation client.

Le virus de l’hypercroissance

Alexandre Fretti y passera douze ans, deviendra directeur général et quittera l’entreprise lorsqu’elle atteindra un chiffre d’affaires de deux milliards d’euros : "J’ai connu l’hypercroissance, j’en ai attrapé le virus". Il y a deux ans, il croise la route des fondateurs de Malt, une des plateformes pionnières dans la mise en relation entre freelances et entreprises. Au-delà d’un "matching relationnel parfait", il découvre un marché balbutiant mais prometteur et devient directeur général de la jeune pousse fondée en 2013. Un poste idéal pour continuer à "se shooter à l’hypercroissance". Sous sa houlette, Malt fait feu de tout bois : internationalisation, croissance externe grâce au rachat de CoMatch, start-up allemande positionnée sur le marché des consultants et des managers de transition…

À la clé, une croissance de 100 % par an et une diversification des profils référencés : "Désormais, sur Malt, on trouve davantage de RH et de contrôleurs de gestion que de professionnels de l’informatique", explique le dirigeant qui se réjouit de voir des secteurs traditionnels comme la banque ou les cosmétiques se convertir aux freelances. Si le groupe se développe à grande vitesse, cela ne suffit pas à rassasier l’ambition d’Alexandre Fretti qui rêve de faire de Malt le leader mondial d’un secteur sur lequel "il n’existe pas de vrai acteur mondial de référence sur ce marché en plein boom qui va forcément se structurer".

"Les freelances sont plus engagés que les collaborateurs"

Passionné

Pour atteindre cet objectif, Alexandre Fretti possède un atout  : en plus de ses connaissances techniques, c’est un passionné du recrutement et un véritable VRP du travail indépendant. Intarissable "sur un statut qui offre une liberté et s’inscrit de plain-pied dans l’économie à la demande qui se substitue peu à peu à l’économie de la possession". Il note par ailleurs que "les freelances sont plus engagés que les collaborateurs". Une étude menée par le BCG indique ainsi que 75 % des salariés du digital veulent changer l’entreprise dans laquelle ils travaillent contre 95  % chez les freelances. Au quotidien, il s’acharne à supprimer les idées reçues sur le statut de freelance et espère que sous peu les banques "vont réactualiser leur logiciel pour que le fait de ne pas avoir un CDI ne soit pas un obstacle à l’achat d’un bien immobilier". Autre chantier : faire prendre conscience au grand public qu’être à son compte n’est pas forcément un signe de précarité. "Historiquement, lorsque le patronat a commencé à salarier en masse, les travailleurs se méfiaient car ils avaient peur d’une forme d’esclavagisme." En dehors de son groupe, Alexandre Fretti compte mener la révolution du travail dans un rôle de business angel. Parmi les entreprises accompagnées, Mayday qui compte disrupter la formation dans les centres d’appel ou Mediflash, le Malt des professionnels de santé.

Roxane Croisier, Lucas Jakubowicz

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