Quantifier la gestion du capital humain, nouvel impératif pour les entreprises ou douce folie ? Dans le cadre de la RSE le constat est là : il est plus facile de calculer son bilan carbone que le bien-être de ses collaborateurs. Florence Bénichoux, médecin et fondatrice du cabinet Better Human, explique ce qui l’a poussée à créer l’IQH : l’Indicateur de Qualité Humaine, premier outil de notation extra-financière, accessible à toutes les entreprises.

Décideurs. Quel constat avez-vous fait lors de la création de l’IQH (Indicateur de Qualité Humaine) ?

Florence Bénichoux.  Chaque organisation détient un bilan financier et s’y greffent à présent les résultats environnementaux. Le bilan humain reste finalement peu mis en valeur au sein des entreprises. Des indicateurs très complexes existent afin d’évaluer la qualité de la gestion humaine comme le VP GO ou l’ISO 26 000. Cependant, seules quelques grosses structures du CAC 40 peuvent s’en servir… C’est pourquoi nous avons conçu un outil accessible à tous sinon la RSE repose davantage autour des critères environnementaux que sociaux et sociétaux.

"La valorisation de la qualité humaine atteste de la viabilité d’une organisation sur le long terme"

Commet trouver des critères objectifs pour évaluer la gestion de l’humain ?

Certains indicateurs "d’état" ont été éprouvés avec succès par les ressources humaines : le nombre d’accidents du travail, le turnover, le nombre de prud’hommes, etc. À ceux-là, il faut y ajouter ceux dits "d’action" : combien de formations autour de la prévention se déroulent chaque année mais aussi la fréquence des réunions sur le capital humain dans les comités de direction. L’indicateur de la qualité humaine prend en compte les actions effectuées autour de la diversité et l’inclusion, la capacité à être aligné aux droits de l’homme ainsi qu’à la justice sociale. Quant à son objectivité, chaque réponse chiffrée apportée par l’entreprise nécessite un document justificatif. Des critères scientifiques existent mais il faut savoir les faire parler.

Comment se servir des résultats d'un tel indicateur ?

L’IQH se distingue par sa simplicité avec 60 questions et 19 indicateurs clés sur les cinq grands axes du "Être bien" au travail. Grâce aux données fournies par les structures, des axes d’amélioration se distinguent, que ce soit la santé physique et mentale des collaborateurs, l’organisation du travail, les relations entre salariés ou avec la gouvernance.

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Par ailleurs, l’analyse comparative sur trois ans permet de voir l’évolution et l’analyse entre les différents sites d’une entreprise s’avèrent aujourd’hui riches d’enseignements. Cela permet un diagnostic rapide, fiable, efficace et ciblé sur chaque site. Les résultats peuvent facilement être communiqués à l’ensemble des parties prenantes qui peuvent agir très rapidement. Un champ d’actions réaliste se révèle alors possible.

Qu’attendez-vous de l’utilisation de l’IQH ?

Il est impératif de faire le bilan humain d’une entreprise. Chercher l’exhaustivité dans ce domaine n’est pas utile, mais il faut des outils pertinents, permettant d’agir immédiatement. Ensuite évaluer la cohérence entre la perception des salariés sur leur entreprise et les résultats chiffrés obtenus en matière de bilan humain accélère grandement les prises de conscience et les transformations. Pour les collaborateurs, mais aussi pour les investisseurs, le bilan humain d’une entreprise apparaît significatif. La valorisation de la qualité humaine atteste de la viabilité d’une organisation sur le long terme, plus personne ne peut s’y tromper.

Propos recueillis par Elsa Guérin

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