Comme bien d’autres domaines, le recrutement ne peut échapper à sa digitalisation. Si des freins à son avènement existent encore, le e-recrutement ouvre la porte à des processus plus rapides, plus engageants, plus efficaces.

 

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Fut un temps, le processus de recrutement était assez simple : envoi de CV et lettre de motivation, entretiens téléphonique, RH puis opérationnel. Si ces étapes constituent encore des jalons pour les personnes à la recherche d’un emploi, les technologies digitales ont quelque peu bouleversé les codes du recrutement. 

Des outils comme les réseaux sociaux, utilisés par 87% des entreprises pour publier leurs offres d’emploi, ont rapproché plus que jamais candidats et recruteurs. Les pratiques se sont diversifiées pour s’inscrire dans une triple dynamique de visibilité, d’attractivité et de sélectivité. A l’origine, élément perturbateur des vieilles habitudes, le digital a permis d’accompagner le passage au recrutement à distance lors de la crise du covid-19 et cette dernière de confirmer l’essor du e-recrutement. 

Améliorer l’expérience

Le digital constitue un précieux allié dans l’amélioration de l’expérience candidat. En effet, plus de 3 candidats sur 5 considèrent que la partie la plus frustrante de la recherche d’emploi réside dans l’attente engendrée par des processus trop longs. Des délais parfois excessifs qui conduisent certains talents à regarder ailleurs ou, pour 72% d’entre eux, à partager leur mauvaise expérience en ligne ou directement avec quelqu’un. Or, la digitalisation du recrutement permet d’accélérer le processus mais aussi de le simplifier. Ainsi, 61% des candidats accèdent à leur CV depuis leur mobile, ce qui pousse 60% des recruteurs à proposer un site ou une appli mobile. 

72% des candidats partagent leur mauvaise expérience  de recrutement en ligne ou directement avec quelqu’un.

Veillant à rendre le processus plus attractif, les recruteurs ont majoritairement adopté les entretiens vidéo, un exercice salué par 80% des candidats même s’ils se montrent plus réticents face à l’usage des entretiens différés. L’opération séduction devient même un jeu d’enfant quand les candidats ont l’opportunité de tester leur poste via la technologie. Si elles ne sont que 4% à recourir à la réalité virtuelle ou à la simulation réaliste de poste, les entreprises ne sauraient les considérer comme de simples gadgets. Ils jouent, en effet, un rôle puisque 65% des candidats voient en eux des aides à la décision. 

Éclairer les décisions

Leurs choix, les entreprises peuvent compter sur les tests prédictifs pour les éclairer à condition seulement de tenir compte de l’impression, partagée par 1/3 des candidats, de ne pas parvenir à montrer pleinement leurs compétences. Plus largement, l’intelligence artificielle occupe une place grandissante dans les processus de recrutement que ce soit au travers d’outils de sourcing utilisés par 14% des recruteurs ou de chatbots. 

Ces nouvelles technologies soulèvent, néanmoins, de nouvelles inquiétudes autant chez les candidats que chez les recruteurs. Manque de personnalisation, risque de déshumanisation, doute sur la protection des données et de la vie privée, etc : autant d’enjeux auxquels les entreprises devront, dans les prochaines années, s’affronter pour que digitalisation du recrutement rime avec amélioration de l’expérience. Car, les recruteurs ne pourront pas se cacher derrière la technologie. Il leur faudra plus que jamais expliquer leurs décisions et peut-être en finir avec les mails automatiques de réponse. Une véritable révolution ? 

Marianne Fougère, Anaïs Le Bomin

 

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