Fort d’un ADN entrepreneurial, Carat Capital accompagne majoritairement des entrepreneurs quelle que soit l’étape de développement de leurs sociétés, notamment grâce à leur service d’entrepreneur office. Ses fondateurs, Cédric et Sandrine Genet, reviennent sur les spécificités de leur accompagnement.

 

Décideurs. L’accent est souvent mis sur les performances du private equity, mais quels sont les risques pour les in­vestisseurs ?

Cédric Genet. Aujourd’hui tout le monde parle du private equity, ce qui peut conduire à utiliser ce terme à tort et à tra­vers. On parlera plutôt de private assets qui englobe l’equity, la dette et l’infrastruc­ture. En réalité, il y a trois points à relever. Tout d’abord, dans le modèle de rémuné­ration classique du CGP avec des rétroces­sions, il y a une limite à rendre accessible le private asset pour l’investisseur privé. Actuellement, on constate une disponibi­lité accrue de solutions d’investissement de grande qualité, bien au-delà de celles annoncées sur le marché français et qui sont accessibles grâce à des plateformes émergées dans d’autres pays comme au Royaume-Uni ou en Allemagne. Seulement, il n’y a pas de rétrocession prévue sur ces systèmes, poussant les conseillers à revoir leur système de rémunération.

"Il est nécessaire de ne plus considérer les clients comme des épargnants mais comme des investisseurs"

Ensuite, au contraire des actifs cotés, le private asset n’est pas suffisamment géré en allocation d’actifs notamment du fait d’un manque d’outils couvrant cette classe d’actifs. C’est pour cela que Carat Capital s’investit dans le développement d’outils propriétaires dans le but de créer des allo­cations d’actifs utilisant plus de solutions accessibles sur la place. Enfin, l’éducation des clients est encore insuffisante. Il est nécessaire de ne plus les considérer comme des épargnants mais comme des investisseurs qui placent sur le long terme en finançant l’économie réelle.

De quelle manière accompagnez-vous vos clients sur le non-coté ?

Le secteur du private assets offre des per­formances intéressantes mais il n’est pas un long fleuve tranquille pour autant, il a été impacté par les crises économiques de la même manière que les autres classes d’actifs. Dès 2013 nous avons accompa­gné nos premiers clients à investir dans le cadre du 150 O B-ter et nous avons tou­jours été très actifs sur le sujet. En étant notamment capables de créer des parts éligibles au remploi sur des fonds fran­çais qui n’avaient pas prévu de l’être afin d’élargir l’accès de nos clients. Rendre ac­cessibles des solutions qui ne le sont pas par nature est finalement ce qui nous per­met d’avoir une proximité avec le secteur.

Quelle est la spécificité de l’accompa­gnement des entrepreneurs ?

Nous sommes en avance sur les sujets de private assets car nous conseillons une clientèle d’entrepreneurs. L’une de leurs particularités est de monétiser une par­tie de leur patrimoine plus tôt dans leur carrière, par la multiplication des opéra­tions capitalistiques, levées de fonds ou LBO. Des levées de fonds qui pouvaient se faire auparavant tous les six ans, et se font désormais tous les trois ans voire tous les six mois pour certaines licornes.

"Nous sommes en avance sur les sujets de private assets car nous conseillons une clientèle d’entrepreneurs"

Après avoir développé leur entreprise grâce aux apports de fonds d’investissement, ils suivent souvent une logique de « give back » en investissant en tant que business angels pour des montants significatifs, nécessitant alors notre accompagnement avisé. Ils se focalisent également sur les innovations du private assets et des actifs nouveaux tels que les hedge funds ou les cryptoactifs. Finalement, l’essentiel n’est pas d’avoir directement des solutions d’investissement mais de détenir les outils de prise de décisions pour un accompagne­ment précis.

Quel est l’ADN de votre cabinet ?

Sandrine Genet. L’accompagnement des dirigeants et des entrepreneurs constitue l’ADN de Carat Capital. Notre ambition est de devenir une référence nationale dans cet accompagnement, ce qui sup­pose de consolider notre développement à Paris et de l’élargir en province. Les conseillers accompagnent un nombre restreint de clients, permettant un tra­vail de qualité, et nous internationalisons également les compétences pointues sur toutes les expertises. Carat Capital recrute actuellement deux family officers destinés aux entrepreneurs, qui ont des parcours d’avocat M&A et de banquier privé au sein d’établissements prestigieux. Enfin, pour maintenir un conseil pertinent, nous travaillons dans le développement d’un accès privilégié à des solutions exclusives, peu accessibles aujourd’hui en France.

C. G. Le cabinet a créé une offre complète pour ses clients, nous les accompagnons par exemple dans la création de porte­feuilles de cryptomonnaies en direct ou par des fonds d’arbitrage. Aujourd’hui, la quasi-totalité des entrepreneurs sont de­mandeurs de visibilité sur ces solutions mêmes s’ils n’y investissent pas forcément.

Plus généralement, comment voyez-vous le métier se transformer à moyen-long terme ?

S. G. On observe un mouvement de consolidation de marché qui est non né­gligeable mais qui n’empêche pas un dy­namisme du secteur. En tant que prési­dente de la CNCGP sur la région Île-de-France, je rencontre les nouveaux adhérents et il y a beaucoup de nouveaux cabinets qui se créent avec un fort dyna­misme de développement, permettant au métier de prendre de plus en plus de parts de marché. La digitalisation de la relation client fera évoluer le métier et l’améliora­tion de l’expérience client est un des en­jeux majeurs de ces prochaines années.

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