Créée en 2007 par Hubert et Isabelle d’Ornano, fondateurs de Sisley, la fondation Sisley-d’Ornano a depuis soutenu plus de 300 projets, dont 15 % sont proposés par les collaborateurs de l’entreprise.
Philippe d’Ornano (Sisley) : "Avec cette fondation, nous pensons donner, mais, en réalité, nous recevons beaucoup"
Décideurs. Comment est née la Fondation Sisley-d’Ornano ?
Philippe d’Ornano. Mes parents ont toujours soutenu des causes qui leur paraissaient importantes. Mais à l’occasion du projet de rénovation du dôme de l’église polonaise Notre-Dame de l’Assomption rue Saint-Honoré, projet important et complexe, je leur ai suggéré de créer une fondation. La Fondation Sisley-d’Ornano a depuis soutenu plus de 300 projets.
Pourquoi cette fondation vous tient-elle à cœur ?
Parce qu’elle nous permet de soutenir des causes que nous pensons utiles. Le mécénat a en effet trois intérêts. Il est une contribution supplémentaire et volontaire à l’intérêt général, pour des causes que nous choisissons. Il permet ainsi une innovation sociale, de santé, environnementale ou culturelle portée par la société civile. Et il crée un lien précieux à travers un projet commun entre les entreprises, les associations, l’école, les collectivités, le monde médical et l’Etat bien sûr, permettant de se connaître et de se comprendre. Le mécénat devrait être beaucoup plus connu et encouragé en France.
Quels sont aujourd’hui les champs d’action de la Fondation ?
Notre Fondation a cinq grands objets : le social, l’environnement, la santé, la culture et l’éducation. Et plusieurs sous-thématiques importantes autour desquelles nous organisons nos actions : la cause des femmes, le soutien au patrimoine culturel, notamment à Paris et à Blois où se situe notre usine. La santé mentale représente aujourd’hui plus d’un tiers de notre budget. Les maladies mentales, premier poste de dépense de la sécurité sociale, sont encore insuffisamment prises en compte dans le système de santé, alors qu’elles touchent 20% de la population et peuvent être très handicapantes si elles ne sont pas soignées. L’Etat en a fait la grande cause nationale 2025 et 2026 mais beaucoup reste à faire pour soutenir les malades, les aidants et les soignants.
Auriez-vous un exemple de projet abouti ?
Nous avons soutenu plus de trois cents projets, petits ou plus ambitieux et il m’est difficile de faire un choix. Pour prendre l’exemple de la santé mentale, nous avons essayé d’avoir une démarche structurée pour faire avancer la prise en charge de ces maladies. Nous avons soutenu la compréhension et la déstigmatisation de la maladie mentale en contribuant au financement de la publication de l’ouvrage de référence Psychiatrie : l’état d’urgence, porté par les Professeurs Leboyer et Llorca, mais également en soutenant le Festival Pop &Psy créée par le Docteur Jean-Victor Blanc ou l’Alliance pour la Santé Mentale qui réunit un collectif d’acteurs du champ de la santé mentale pour porter un plaidoyer commun. Nous soutenons des programmes de recherche, auprès de la Fondation Fondamental et de la Fondation pour la Recherche Médicale, mais également des projets d’excellence et d’innovation en pédopsychiatrie, avec IDEAL (Trousseau) et l’Institut du Cerveau de l’Enfant (Robert Debré). Nous aidons des structures qui accueillent et accompagnent les personnes touchées, comme le Clubhouse ou la Maison Perchée. Et nous nous fédérons avec d’autres fondations intéressées par ce sujet si important pour gagner en efficacité et en impact.
Propos recueillis par Marine Fleury
