Tour de tables. Voyage, voyage
C’est sous les dorures du Shangri-La que le chef Samuel Lee (dont le prénom chinois est Sen) a forgé sa réputation. Il a longtemps été à la tête du seul restaurant chinois étoilé Michelin en France avant de prendre la décision d’ouvrir son adresse bien à lui, dans un quartier et un décor diamétralement opposé à ceux du palace. Le chef propose dans cette nouvelle adresse un voyage au cœur de la Chine moderne, mêlant dans un grand raffinement traditions cantonaises et inspirations contemporaines. Il faut impérativement s’y présenter le soir afin de déguster la pièce maîtresse du chef intitulée "Je ne suis pas un canard laqué pékinois !" proposée en deux services. Une merveille de la cuisine chinoise finement réinterprétée. N’oubliez pas non plus de vous attarder sur les Siu Mai, raviolis de porc et crevettes à la vapeur, champignons shiitakes ou la Lo Hei, sériole couronnée en sashimi, sauce à la prune, sans oublier les aubergines et courgettes façon "Bei Feng Tong", panure à l’ail, et mayonnaise à la feuille de moutarde fermentée. En dessert ? Un inénarrable baba à la liqueur de Chichi Panpan, un cognac arrangé selon l’inspiration du sommelier.
Si le nom du chef Fernando de Tomaso vous dit quelque chose, c’est que vous aimez la cuisine argentine et que vous avez déjà eu l’occasion de le voir virevolter aux manettes de Biondi, rue Amelot, ou chez Blanca, rue Keller, qu’il copilote avec sa sœur Violetta Hernandez. Il distille désormais sa chaleur jusqu’à la rive gauche, à quelques pas du Bon Marché, où il a élu domicile aux côtés de sa deuxième sœur, Manuela. Chez Paris Buenos Aires, l’atmosphère évoque immédiatement les grands asados argentins : braises qui crépitent, viandes grillées à la perfection et générosité assumée dans chaque assiette. Le chef unit deux cultures culinaires avec brio, offrant une carte qui raconte l’Argentine authentique sans ostentation. Le partage est au cœur de l’expérience : plats très gourmands, vins sud-américains sélectionnés avec soin et convivialité facile. À ne pas rater : les empanadas, évidemment, mais aussi l’os à moelle twisté chaque saison, en ce moment de truffe noire et de chanterelle. Le carpaccio de carabineros est une œuvre d’art tout en finesse gustative. Inutile de revenir sur le travail de la braise, simplement exceptionnel. En dessert, focus sur le dulce de leche avec le volcan moelleux ou la trilogie : décadents.
Du lundi au samedi de 12 h à 14 h 30 et de 19 h à 23 h. €
11, rue Dupin, Paris 6e
01 42 22 64 56
Depuis septembre, Vingt Vins d’Art vibre dans le Marais avec une nouvelle partition. Le lieu mise sur une sélection pointue de vins orchestrée par ses propriétaires, Etienne Madelin et Benjamin Prevault – plus de 150 références –, enrichie de sakés, d’une cuisine franco-coréenne et de ses expositions, sous la curation de Magna Gallery. La carte, conduite par la cheffe Ji-Hye Park (ex-restaurant Oma à l’hôtel Château des fleurs), a l’art de mêler délicatesse et réconfort. On débute avec délice entre des œufs cocotte au parmesan et un maquereau de ligne pour continuer avec le steak de chou-fleur gratiné au comté ou l’incontournable riz Oma (maman en coréen), une recette transmise par sa mère, mêlant paleron de bœuf mijoté dans un bouillon de légumes, riz beurré, œuf mollet et algue nori torréfiée. Les fans de fromages termineront avec le brie aux trompettes de la mort et gochujang et les gourmands par la ganache au chocolat, chili et huile d’olive. Le lieu, chaleureux et sensible, où le voyage commence dès le premier verre et se prolonge jusque dans l’assiette, séduit aussi bien les amateurs curieux que les épicuriens avertis.
Tous les jours de 12 h à 14 h 30 et de 19 h à minuit. €
16, rue de Jouy, Paris 4e
07 56 83 21 02
Quand un chef au CV très étoilé (Maison Rostang, Senderens, l’Orangerie) ouvre son adresse, il est forcément attendu au tournant. Pour Raul Meza, le pari de voler en solo est une réussite. Son adresse du 10e arrondissement reprend les codes des belles maisons : décor feutré, élégant et service empressé. Dans l’assiette, le chef s’inspire de ses origines équatoriennes pour sortir des assiettes extrêmement léchées. Poétiques dans leur dressage, elles n’en demeurent pas moins riches gustativement. Les saveurs sont précisément équilibrées, toujours bien réveillées par un citron vert ou un twist pimenté. Le chef y célèbre une cuisine bistronomique raffinée, ouverte aux influences sud-américaines et françaises, jouant sur les textures, les épices et les mariages inattendus. On commence par savourer les Tacos du chef à l’effiloché de bœuf, condiment oignon et son guacamole ou une causa de poulpe, sauce chimichurri, avant de continuer avec un cabillaud nacré encocado, sauce coco ou un filet de bœuf argentin. On termine par l’hyper gourmand Choco Banane ou la réconfortante Pomme caramélisée. Un voyage lointain à deux pas du quai de Valmy.
Tranches de prix
€ : jusqu’à 50 euros - €€ : jusqu’à 100 euros - €€€ : jusqu’à 200 euros
Béatrice Constans



