Depuis plus de 10 ans, Darrois Villey Maillot Brochier occupe la première place du Décideurs 100 des cabinets d'avocats d'affaires. Ses deux associés cogérants, Martin Lebeuf et François Kopf, retracent les principaux événements des mois passés et tentent d'anticiper l'évolution du marché des avocats d'affaires en France.

Décideurs Juridiques. Darrois Villey Maillot Brochier occupe la première place du Décideurs 100 depuis plus de dix ans. Comment parvenez-vous à maintenir un si haut niveau de productivité?

Martin Lebeuf. Notre modèle a toujours été de travailler sur des dossiers stratégiques à forte valeur ajoutée, menés par des équipes resserrées d’avocats, avec une haute implication des associés, le tout dans une culture du travail et de l’excellence. Notre philosophie est celle que Jean-­Michel Darrois a voulue dès l’origine : le client et sa défense avant tout, et avant nous.

François Kopf. Nous sommes d’abord des avocats avant d’être des avocats d’affaires. Notre modèle fondé à la fois sur le conseil et le contentieux est directement lié à notre attachement à la déontologie, à la défense de nos clients et à notre appartenance au barreau.

Que signifie pour vous cette première place ?

F. K. C’est avant tout un facteur d’attractivité des talents. Les dossiers sur lesquels nous sommes positionnés requièrent un haut niveau d’expertise et une dimension stratégique forte. Nos avocats doivent donc être parmi les plus talentueux afin de toujours maintenir la qualité de nos interventions et la relation de confiance que nos clients viennent chercher.

"Notre philosophie est celle que Jean-­Michel Darrois a voulue dès l’origine : le client et sa défense avant tout, et avant nous"

M. L. Cette première place nous conforte aussi dans la poursuite de notre modèle.

Retour sur l’année 2019. Quels ont été les faits marquants pour le cabinet ?

F. K. Plusieurs dossiers hors normes comme la restructuration de Rallye et ses holdings, le rachat d’Endemol par Banijay, la création par KKR et Altice de Hivory, l’offre de Fiat Chrysler de fusionner avec Renault puis la fusion avec PSA, la cession par Bouygues de 50 % de ses parts dans Alstom ou encore l’offre de Capgemini sur Altran.

M. L. Les dossiers contentieux sont souvent confidentiels mais nous pouvons citer notre présence aux côtés de XPO Logistics face au fonds activiste Elliott, de Danone contre Fontera dans le litige du lait infantile ou de Lafarge dans l’affaire de son usine en Syrie.

Depuis mars 2020, nous traversons une crise inédite. Quel impact sur votre ­activité ?

M. L. L’année 2020 avait très bien commencé avec d’importantes transactions comme la cession par Natixis d’une partie de sa participation dans Coface, celle de la division ferroviaire de Bombardier à Alstom où nous avons conseillé Bouygues ou la vente par Accor d’Orbis en Pologne. Puis la crise sanitaire est arrivée. Nous étions préparés et la poursuite du travail à distance s’est très bien déroulée. Nous étions opérationnels pour intervenir sur des transactions urgentes et de mise en place de prêts garantis par l’État. Nous sommes ainsi intervenus aux côtés d’Europcar. La pause a été très courte en M&A. Nous venons de signer en juin le rachat par notre client Bouygues Telecom d’Euro-Information Telecom auprès du Crédit Mutuel.

F. K. Autre paramètre : notre clientèle est constituée d’entreprises dont certaines ont été touchées par la crise, mais toutes ont vu dans cette période des opportunités pour s’adapter ou faire évoluer leur vision. Or, ce qui compte dans les activités de conseil, ce sont avant tout les mouvements du marché. Nos clients sont tout sauf attentistes. Par ailleurs, grâce à la cohésion de nos équipes, nous travaillons de manière très fluide et, pendant cette période, des associés et collaborateurs sont venus apporter leur concours pour absorber le surcroit de travail en restructuring ou financement.

Le corporate/M&A est l’une des locomotives du cabinet. Quelle est la proportion de deals suspendus ?

M. L. La suspension a surtout concerné le private equity, qui s’est arrêté net mais nous constatons déjà une reprise. La suspension a été plus courte pour les clients corporate. Nous avons aussi vu apparaître des dossiers contentieux introduits par des intervenants qui veulent renégocier ou se retirer d’opérations engagées juste avant la crise.

Quelles seront, selon vous, les conséquences de la crise sanitaire sur le barreau d’affaires ?

M. L. Warren Buffett dit que « c’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui se baignent nus ». Il est trop tôt pour se prononcer. Au début de la crise, certains cabinets se sont montrés alarmistes mais la situation semblerait heureusement se rétablir plus rapidement qu’on ne le pensait.

Propos recueillis par Pascale D'Amore

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