Hausse du Smic, égalité salariale, fiscalité verte, âge de départ à la retraite, politique industrielle… Voici les principales propositions contenues dans le programme d’Anne Hidalgo dévoilé le 13 janvier.

Hausse du Smic de 15%

C’est une mesure que la candidate socialiste compte mettre en avant durant sa campagne. Elle figure d’ailleurs en tête des 70 propositions publiées le 13 janvier. Anne Hidalgo considère la revalorisation du salaire minimum comme "une priorité absolue, tout particulièrement pour les salariés des secteurs essentiels comme on l’a vu pendant la pandémie". Cela permettrait à un salarié qui travaille au Smic à temps plein de gagner environ 200 euros de plus par mois. Si la hausse serait la plus importante de l’histoire (devant l’augmentation de 10% en 1981), elle reste plus faible que ce qui est mis en œuvre par d’autres gouvernements. La coalition SPD-Vert-Libéraux arrivée au pouvoir en Allemagne compte augmenter le revenu minimal horaire de 25% (de 9,82 euros à 12 euros). En Espagne, le salaire minimum a bondi de 31,8% depuis 2018.

35 heures : ménager la chèvre et le chou

En matière de durée légale du travail le programme du parti socialiste fait dans le en même temps puisqu’il donne des gages à son aile gauche qui demande d’aller en deçà des 35 heures : "je veux inciter les entreprises qui le souhaitent à avancer vers la réduction du temps de travail". Pour autant, il ne compte pas "modifier la durée légale".

Égalité salariale entre hommes et femmes : place au blame and shame

Pour atteindre la parité salariale, la maire de Paris compte rendre publique la liste de mauvais élèves : "La liste des entreprises qui persistent à laisser perdurer les discriminations salariales envers les femmes sera rendue publique et des pénalités seront imposées à ces entreprises. J’inverserai la charge de la preuve pour qu’il revienne à l’entreprise de prouver qu’elle n’est pas coupable de discrimination en matière salariale".

1 000 euros pour chaque jeune de 18 ans

Pour le moment, Anne Hidalgo fait davantage parler d’elle par le manque d’enthousiasme que suscite sa campagne que par ses propositions. Si le débat quitte la question des egos pour aller sur le terrain des idées, la mesure suivante pourrait faire parler d’elle : "Afin de leur donner les moyens de leur émancipation, une dotation en capital de 5 000 euros sera versée à chaque jeune de 18 ans pour lui permettre de financer ses projets personnels et professionnels". Pour le moment, le don ne semble pas conditionné à des contreparties ou des conditions de ressources. Cela pourrait coûter cher aux Finances publiques. Sur l’année 2023, 775 000 jeunes seront éligibles à la mesure selon les chiffres de l’Insee. La mesure semble peu compatible avec l’idéologie social-démocrate où chaque euro de dépense publique permet un retour sur investissement. Difficile d’imaginer des externalités positives (créations d’emplois, innovations…).

Plus de droits pour les travailleurs des plateformes

La gauche française est parfois accusée d’abandonner les classes populaires et les "nouveaux prolétaires" tels que les personnes travaillant pour les plateformes de livraison ou de transport. Pourtant, le programme PS présente un certain volontarisme en la matière : "La loi établira en leur faveur une présomption de salariat afin qu’ils accèdent à l’ensemble des droits des salariés (Smic, protection sociale, etc.). La charge de la preuve sera inversée et incombera aux dirigeants des plateformes. La transparence des algorithmes deviendra la règle, avec contrôles et sanctions en cas de manquement à la sécurité et la santé. Des droits relatifs aux décisions des algorithmes impactant les travailleurs seront instaurés".

Vers une fiscalité verte

Anne Hidalgo souhaite mettre en place un "Impôt de Solidarité sur la Fortune Climat et Biodiversité". Objectif : "mettre à contribution les plus fortunés pour financer la transition énergétique". Est également prévue une surtaxe sur les placements liés aux énergies fossiles.

Doubler le salaire des professeurs : une mesure passée à la trappe…

La candidate avait suscité la polémique il y’a quelques mois en souhaitant doubler le salaire des professeurs. Une mesure si "grosse" que les principaux concernés, pourtant en demande d’une meilleure rémunération, ont raillé. Désormais, le programme se veut plus flou en la matière… Il s’agit de "considérer et rémunérer les enseignants à la hauteur de l’importance de leur mission. La rémunération des enseignants sera portée progressivement au niveau des cadres". Selon l’Apec, le salaire médian d’un cadre en 2020 est de 50 000 euros.

Retraite : un âge légal plafonné

Le programme du PS part du postulat suivant : "La pérennité du système n’est menacée ni à court terme, ni à long terme". Dès lors, "l’âge légal ne sera pas augmenté, il sera plafonné aux 62 ans actuels". Par ailleurs, le minimum vieillesse serait porté à 1 000 euros nets. Pour le moment, son montant est de 903 euros (contre 833 en 2018).

Présidents de régions : les patrons d’industrie de demain

Pour réindustrialiser l’Hexagone, Anne Hidalgo mise sur "quatre grandes odyssées" à savoir la santé, l’énergie, la mobilité et le numérique. Pour soutenir les filières du secteur, elle prône un "effort coordonné et décentralisé (…). Les régions seront les moteurs de ces odyssées, car je considère que les présidents de région sont aujourd’hui les véritables ministres de l’industrie du pays". Concernant la mise en application concrète, les choses sont pour le moment peu précises : "Les odyssées mobiliseront autant le privé que le public, les citoyens, les ouvriers, les ingénieurs et les chercheurs des secteurs concernés".

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