La justice a tranché le 7 juillet : Marine Le Pen peut théoriquement être candidate. Quelques heures plus tard, elle annonce briguer à nouveau l’Élysée en formant un «ticket gagnant» avec Jordan Bardella programmé pour Matignon. Seul hic, celui-ci refuse. Second épisode de "Politique fiction", notre série de l’été.

Bonne nouvelle pour Marine Le Pen ! Le 7 juillet, la cour d’appel rend sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires. Rien de l’empêche moralement de candidater une quatrième fois à la présidence de la République.

Sur le plateau du 20 heures de TF1, elle annonce un dispositif étonnant : la dirigeante du RN formera un "ticket gagnant" avec Jordan Bardella qui serait Premier ministre. Les stratèges du parti poussent un ouf de soulagement, la campagne peut se lancer.

"En 2027, je me dédierai à ma femme et à mon enfant"

Mais une chose n’était pas planifiée : le refus de Jordan Bardella. Dans un long entretien accordé à Paris Match au cœur de l’été, le trentenaire surprend tous les observateurs et multiplie les annonces. "L’amour d’une vie est la plus belle chose qui puisse arriver dans l’existence d’un homme, je l’ai trouvé", confie-t-il à propos de Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles.

Quelques paragraphes plus loin, il annonce son baptême, puis son mariage avec sa dulcinée, prévu en octobre 2026. Autre annonce de poids : "Maria-Carolina et moi-même attendons un heureux événement." Rien de surprenant jusque-là. Le dernier tiers de l’interview contient une véritable bombe politique : "En 2027, je me dédierai à ma femme et à notre enfant qui méritent toute mon attention et mon amour."

 "Persuadé que les Français comprendront", il explique que c’est précisément parce qu’il a "l’amour de la France et des Français chevillé au corps" qu’il "passe son tour cette fois-ci". "Notre peuple a besoin d’une personne qui lui est dédiée à 120 %, ce qui n’est pas mon cas pour le moment".

Dégonflé ou homme de son temps ?

Aussitôt, le magazine est en rupture de stock et toute la France se perd en conjectures. Pour certains, Jordan Bardella aurait pris conscience de ne pas avoir l’expérience ni la carrure nécessaire et aurait préféré fuir tant qu’il était encore temps. D’autres expliquent que le jeune loup de la politique est avant tout un dilettante fasciné par les paillettes et a privilégié la carrière de jet-setter à celle, bien plus stressante et exposée, de successeur possible de Sébastien Lecornu.

Et si le natif de Saint-Denis était simplement un homme de son temps ? Après tout, il est loin d’être le seul à privilégier pendant quelques années sa vie familiale à sa vie professionnelle.

Pression de la belle-famille et lucidité

Quelques sources se disant bien informées avancent que c’est le père de Maria-Carolina, le prince Charles de Bourbon des Deux-Siciles, qui aurait accepté la demande en mariage de sa fille sous deux conditions : le baptême de son futur gendre et son éloignement de la sphère politique. Motif ? La Maison Bourbon cherche à maintenir une certaine neutralité. Sans elle, ses activités financières et philanthropiques risquent d’être ralenties.

Une place vide

Pour le camp nationaliste, le coup est rude. Alors qu’il était favori dans les sondages, sa stratégie tombe à l’eau à quelques mois seulement du premier tour. Dans les jours qui suivent l’annonce de Jordan Bardella, Éric Ciotti, Sébastien Chenu mais aussi Marion Maréchal font connaître leur disponibilité pour occuper la seconde place du ticket gagnant.

Lucas Jakubowicz

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