Philippe Cotelle fait partie de ces chanceux qui exercent le métier de leurs rêves. Relever de nouveaux défis ? C’est dans l’ADN du directeur des assurances d’Airbus Defence and Space depuis qu’il est entré dans le monde professionnel.

Au départ, Philippe Cotelle est un ingénieur aéronautique. Il commence sa carrière chez Airbus, à l’époque Matra Espace, et se spécialise dans l’élaboration et la conception de satellites. "Avec l’explosion de la bulle télécom, les conditions étaient favorables pour les jeunes actifs. Mais comme toutes les bulles, elle a fini par éclater. Au début des années deux mille, les projets se sont faits plus rares." Les recruteurs conseillent aux ingénieurs juniors d’être patients. Philippe Cotelle n’a pas envie d’attendre.

Curieux et intrépide, il s’intéresse à une offre qui n’a rien de commun avec son parcours: souscripteur. Une bonne idée: "À ma grande surprise, j’ai été embauché chez Scor en tant qu’assureur spatial. Je n’avais aucune connaissance en la matière, mais c’est exactement ce que les recruteurs recherchaient. Les questions d’un néophyte sont souvent utiles." Le début d’une nouvelle aventure. Les quatre années qu’il y passe sont "extraordinaires, avec des retournements de marché énormes et les plus grands sinistres, indemnisés, de l’histoire de l’assurance spatiale. L’assurance a vraiment bien soutenu à l’époque notre industrie aérospatiale."

Les gestionnaires du risque ont potentiellement « un rôle historique à jouer »

Cette expérience lui rouvre les portes d’Airbus, où il récupère la partie service de la nouvelle branche de l’activité spatiale. L’occasion, pour lui, de s’investir dans des projets à enjeux très complexes, comme la création du premier partenariat public-privé dans l’activité spatiale. On lui demande rapidement de diriger tout le pôle spatial. Philippe Cotelle s’envole pour Munich, où il reste six années et dirige une équipe qui regroupe les services, les satellites et les lanceurs. Jusqu’à ce qu’Airbus lui demande de prendre la direction des sujets assurantiels de trois équipes fusionnées: les activités d’aviation militaire, les activités de défense et les activités spatiales. L’ingénieur y développe de nouvelles qualités managériales, apprend à gérer des crises inédites comme le crash de l’airbus A400M à Séville.

Assureur engagé

L’envie de relever de nouveaux défis le pousse à s’intéresser à l’activité cyber, qui se développe beaucoup du côté défense chez Airbus: "J’ai proposé en interne, mais également aux communautés de risk managers en France et en Europe, de nouvelles stratégies d’ouverture d’assurance cyber." Philippe Cotelle a l’ADN d’un visionnaire. Il a compris que "la dépendance au numérique ne va faire que croître, que l’enjeu majeur pour notre société sera de mesurer son impact pour mieux l’appréhender et que nous devons définir nos attentes pour ce qui est de la cyber-sécurité." Une certitude ? Les gestionnaires du risque ont potentiellement "un rôle historique à jouer". À eux de mettre en place  des solutions qui vont assurer le développement de notre société face aux enjeux du numérique et du réchauffement climatique. Membre de l’Amrae (Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise), il est également investi chez Ferma, la Fédération européenne des associations de risk management.

Faire le lien

C’est ce que Philippe Cotelle apprécie le plus dans sa profession, cette capacité à faire bouger les lignes: "Notre travail peut être comparé au catalyseur en chimie, cette petite poudre qui fait que la réaction prend. Notre rôle consiste à être l’élément qui va faire le lien et qui va aider les entreprises à développer collectivement une vision commune."

Judith Polycarpe

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