Montpellier, septième commune la plus peuplée de l’Hexagone, repasse sous le contrôle du PS. Son nouvel édile ne compte pas transiger avec les valeurs traditionnelles du parti de Jean Jaurès.

Des candidats "antisystème" tels que le milliardaire Mohed Altrad ou l’humoriste Rémi Gaillard, un maire sortant Macron-compatible, un député LREM, trois listes écologistes… Des alliances, des dissidences, des échanges parfois musclés. Et, à la clé, une victoire pour le candidat PS Michaël Delafosse, 43 ans, qui s’impose dans une triangulaire avec 47,22% des suffrages, loin devant Philippe Saurel à la tête de la ville depuis 2014 (34,65%) et l’homme d’affaires franco-syrien (18,12%).

Un parcours classique

Alors que les profils issus de la société civile ont le vent en poupe, le nouveau maire présente un parcours tout ce qu’il y a de plus classique, dans la parfaite tradition du socialisme époque Mitterrand. Professeur d’histoire-géographie dans un collège de la ville, il s’engage au MJS (Mouvement des jeunes socialistes) à 16 ans puis dans le syndicalisme étudiant. Un militantisme loin d’être dilettante puisqu’il devient vice-président de l’Unef-ID à l’âge de 21 ans. Des débuts très proches de nombreuses personnalités de gauche comme Jean-Christophe Cambadélis, Benoît Hamon ou Julien Dray.

Au niveau local, Michaël Delafosse ne tarde pas à gravir les échelons. En 2008, il intègre le conseil municipal de la socialiste Hélène Mandroux au poste d’adjoint à l’urbanisme avant de devenir adjoint à la culture lors de l’élection de Philippe Saurel, ancien membre du parti à la rose, se présentant comme indépendant. En 2015, il fait son entrée au conseil départemental où il est délégué aux finances et aux marchés publics. Une expérience solide qui lui permet de briguer l’hôtel de ville en 2020. Après une campagne réussie, il récolte 16,66% des voix, se plaçant trois points derrière Philippe Saurel, entré tardivement en campagne et handicapé par une blessure au genou qui a entravé ses déplacements.

Tradition socialiste

Le nouveau maire défend une ligne sociale, républicaine et pourfend le communautarisme

Dans l’entre deux-tours, c’est autour de lui que se sont agrégés PCF et EELV, supplétifs traditionnels du PS, à l’époque où le parti régnait en maître sur la gauche hexagonale. Ce qui semble encore le cas à Montpellier où le candidat a pu imposer son programme et sa vision de la société. N’en déplaise à certains, Michaël Delafosse fait partie des représentants du socialisme traditionnel, c’est-à-dire laïque, social et républicain. Défenseur d’une ligne prônant l’intérêt général sur les revendications communautaires ; il s’oppose à la « gauche sociétale » qui prônent plus ou moins ouvertement l’intersectionnalité des luttes et l’instrumentalisation de communautés à des fins électorales. Signaux forts, il a refusé la présence d’une candidate voilée et, pour le second tour, le nom de sa liste avait le mérite de la clarté : « Montpellier, une ville solidaire, écologiste laïque et innovante ».

Son équipe municipale devrait faire la part belle à des représentants de ce socialisme républicain, très présents dans l’Hérault et héritier de l’emblématique Georges Frêche. Un élu qui n’a pas fait carrière à Paris mais qui a régné sans partage sur la ville de 1977 à 2004. Sont notamment pressentis les anciens députés Fanny Dombre-Coste et Christian Assaf, mais aussi Julie Frêche, fille de l’ancien « roi » de la ville. Un casting qui va s’efforcer de montrer que, dans la gauche « d’avant », tout n’est pas à jeter.

Lucas Jakubowicz

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