Chaque semaine, Décideurs vous propose un focus sur une start-up prometteuse de la Tech française. Aujourd’hui : Ynsect.

Fondée en 2011, Ÿnsect veut révolutionner l’alimentation humaine, végétale et animale en transformant les insectes en ingrédients premium. Une solution saine et écologique, dans un contexte où la consommation mondiale de protéines animales devrait augmenter de 52 % entre 2007 et 2030. D’ici 2050 l’Humanité devra augmenter de plus de 70 % sa production alimentaire pour faire face aux besoins de la population, avec des ressources de plus en plus limitées en eau et en sol.

Les atouts de l’insecte

Face aux défis alimentaires et climatiques qui sont devant nous, les insectes revêtent de nombreux atouts : en effet, la production d’un kilogramme de protéines d’insectes nécessite jusqu’à 100 fois moins de surface agricole que pour une même quantité de protéines animales, tout en consommant 25% d’eau en moins. Pour sa solution, qui repose sur plus de 300 brevets, Ÿnsect a misé sur deux espèces de scarabées qui ont l’avantage d’être présentes un peu partout sur la planète, grégaires et nocturnes, ce qui facilite leur élevage, et composées à 72% de protéines de haute qualité, avec des nutriments essentiels pour la santé humaine, végétale et animale. C’est ainsi que, selon Ÿnsect, la protéine d’insecte réduirait jusqu’à 40% la mortalité dans les élevages de poissons, améliorerait jusqu’à 35% les rendements des plantes et cultures, et aurait des effets bénéfiques sur la réduction du taux de cholestérol.

Fermes verticales et circulaires

Ÿnsect compte déjà deux usines de production (une dans le Jura, l’autre aux Pays-Bas), et une troisième est actuellement en construction à Amiens. Cette ferme verticale de 45 000 mètres carrés et d’une hauteur de 36 mètres sera la plus grande au monde. Elle devrait, à terme, produire plus de 200 000 tonnes d’ingrédients par an, tout en générant 500 emplois directs et indirects sur le territoire. Cerise sur le gâteau : elle sera carbone négative, absorbant plus de CO2 qu'elle n'en émettra. Comment ça marche ? Les insectes juvéniles sont nourris et grandissent pendant plusieurs semaines. Une fois les larves à maturité, 95% sont étuvées, stérilisées, puis transformées en protéines ou huile. Les 5% restants deviennent adultes et se reproduisent pour assurer le renouvellement de la production, dans une démarche circulaire et zéro déchet.

Perspectives

Historiquement positionné sur la nutrition des poissons et des plantes, Ÿnsect voit de nouvelles opportunités de marché s’ouvrir à mesure que la législation évolue. Par exemple : l’Union européenne a autorisé récemment l’utilisation de protéines animales transformées dans l’alimentation des porcs et volailles, ouvrant la voie à ses produits. Du côté de l’alimentation humaine aussi, le potentiel est énorme, à condition pour le consommateur de dépasser certaines barrières psychologiques ou culturelles. En 2021, la startup a racheté sa concurrent néerlandais Protifarm, précisément pour mieux se positionner sur ce segment d’avenir. Et elle ambitionne de s’implanter bientôt aux Etats-Unis.

Avec déjà 425 millions de dollars levés et 200 employés, Ÿnsect pourrait bien être un géant en gestation de l’industrie agroalimentaire de demain. La startup a d’ailleurs été distinguée il y a quelques jours : Trophée d’or du Grand Prix Startup de l’année au Sommet des Entreprises de Croissance.

Antoine Morlighem

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