Dans son dernier rapport annuel, l’European Securities and Market Authority (ESMA) révèle que les fonds ESG ont surperformé en Europe. Des perspectives encourageantes dans un contexte ou le GIEC insiste sur l’urgence d’accroître l’investissement durable notamment dans les énergies renouvelables.

L’autorité européenne des marchés financiers, dont le rôle est d’assurer la stabilité et l’efficacité du système financier dans l’Union européenne, examine dans son dernier rapport les coûts et performances des Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM), qui réalisent la plus grande part des investissements de détail dans l’Union européenne. Le constat est limpide: en 2020, les fonds européens ayant des exigences environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) ont offert de meilleurs rendements aux investisseurs que les véhicules non ESG.

Les fonds ESG sont moins coûteux que les autres: alors que leurs prix ont augmenté de 1,5%, l’augmentation est de 1,8% pour les fonds non ESG. Quant à la valeur liquidative des fonds responsables, elle progresse de 3,3% contre 0,8% pour le reste des OPCVM. L’étude révèle également que plus la stratégie du fonds est stricte en matière d’impact plus sa performance est importante, ainsi, sur cette période, la valeur liquidative des fonds à impact a augmenté de 4% contre 2% pour les fonds ayant d'autres stratégies ESG et de 1,7% pour ceux appliquant des exclusions sectorielles comme les investissements dans le charbon, les OGM, le nucléaire…

Cependant l’efficacité de ces stratégies en matière d’impact pose la question de leur portée car la plupart des fonds ont une approche ESG limitée. Sur l’échantillon de 2 000 fonds dits "ESG" étudiés par l’ESMA 1 300 s’en tiennent uniquement à une méthode d’exclusion, 500 sont classés "article 8" du SFDR, c’est-à-dire respectant des critères ESG et seulement 300 ont une stratégie d’impact stricte, en vertu de l’article 9.

Des perspectives à la clé d'après le GIEC

Dans son dernier rapport, le GIEC insiste sur l’importance de multiplier considérablement les investissements mondiaux en matière de technologies d’élimination de carbone, d’énergies vertes ou encore de transports durables. Pour être efficace, les montants investis devront être trois à six fois plus importants en 2030 qu’en 2020. La surperformance des fonds à impact démontrée dans l’étude de l’ESMA est donc un bon signal à l’attention des investisseurs pour orienter leurs capitaux vers ces secteurs. Dans cette perspective, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et Olivia Grégoire, secrétaire d'État et Thierry Déau, président de Finance for Tomorrow, ont annoncé le 25 mars dernier le lancement d’une initiative visant à faire de Paris le premier centre financier mondial de la finance à impact. L’ambition affichée est d’augmenter le volume des fonds dédiés et de définir une méthodologie de classement précise pour garantir un fléchage efficace de l’investissement vers les secteurs durables.

Céline Toni

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