Dans des secteurs différents, les entrepreneurs ont développé avec succès l’entreprise familiale pour la mener vers des sommets.

Rodolphe Saadé, l’armateur vert

Non, les confinements répétés n’ont pas porté atteinte au commerce international. "Contrairement au transport de passagers, le transport de marchandises n’a pas souffert à cause de la pandémie. Bien au contraire, les volumes convoyés par bateau ont connu une très forte croissance  : +27  % au premier semestre 2021 par rapport à la même période en 2019", se réjouit, dans Le Figaro, Rodolphe Saadé, PDG de CMA CGM, troisième armateur mondial dont le chiffre d’affaires 2020 est en hausse de 3,9 %. Ce qui permet au Franco-Libanais de passer de la 26e à la 13e fortune de l’Hexagone en une année.

Pour le quinquagénaire, cela engendre des responsabilités, notamment dans le domaine de la croissance verte. En matière de capitalisme durable, l’armateur se veut une référence. Et les mesures mises en place depuis son arrivée à la tête du groupe en novembre 2017 parlent pour lui. La fonte des glaces permet désormais d’emprunter la "route du Nord" qui longe la Russie ? Même si cela raccourcit de 40 % le temps de trajet entre Shanghai et Rotterdam, hors de question de l’emprunter a-t-il promis en août 2019 : "L’Arctique est indispensable à la régulation des courants et du climat. Sa biodiversité est unique et encore méconnue". Le groupe qui ambitionne d’atteindre la neutralité carbone en 2050, verdit sa flotte en misant sur les premiers navires cargo au gaz naturel liquéfié (GNL). En septembre 2020, le Jacques Saadé, mastodonte de 400 mètres de long, est mis en service. Le nom est un hommage au père de l’actuel dirigeant qui a fondé CMA CGM. Huit autres bateaux du même modèle seront progressivement mis à flot. Par ailleurs, Rodolphe Saadé, qui revendique son attachement à la cité phocéenne, ne reste pas enfermé dans sa tour, la plus haute de la ville. Il finance l’incubateur local Zebox.

Jean-Charles Decaux, le compétiteur discret

Amateur de régates et fier propriétaire d’un Wally de 24  mètres acheté au patron de L’Oréal Lindsay Owen-Jones, Jean-Charles Decaux est aussi redoutable sur les courses que dans les affaires. Il quitte les bancs de l’école après l’obtention de son bac pour perfectionner son anglais en Angleterre puis au Texas, avant de prendre la direction de la filiale espagnole du groupe en 1991, à seulement 22 ans. Compétiteur dans l’âme, il décide en 2001 avec son frère Jean-François d’introduire JCDecaux SA en Bourse, coup de pouce qui permettra l’arrivée de la holding sur les marchés étrangers. Très vite, les conquêtes de l’Europe du Sud, de l’Asie, de l’Amérique du Sud et du Moyen-Orient deviennent des succès et la société se hisse à la place de leader mondial de la communication extérieure.

Chaleureux, séduisant et discret. Tels sont les adjectifs utilisés pour décrire celui qui a développé au-delà des frontières l’entreprise familiale fondée en 1964. Au fil des années, Jean-Charles Decaux s’est positionné comme un codirigeant optimiste qui collectionne les prix de meilleur CEO par les Institutional Investor Awards et apparaît deux années de suite dans le Top 100 des dirigeants paneuropéens d’Extel. Engagé dans sa vie tant professionnelle que personnelle, Jean-Charles Decaux n’a qu’une mission : rendre la qualité de vie en ville plus douce grâce aux projets tels que Bicloo ou le cartable connecté pour les enfants. Depuis 2004, il est membre du conseil d’administration de l’ONG africaine Amref qui œuvre pour la santé publique.

Marine Fleury et Lucas Jakubowicz

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