Les business angels savent prendre des initiatives
Pour s’assurer un développement rapide, les start-up doivent investir massivement. Les fonds de capital-risque répondent à ce besoin en apportant un soutien financier et stratégique. Aux États-Unis, ces fonds sont devenus de véritables institutions.

Le développement du capital-risque aux États-Unis plus qu’ailleurs explique que le phénomène start-up se soit développé sur le territoire américain. Les Venture Capitalists (VCs) permettent aux jeunes pousses de devenir rapidement des géants mondiaux. Les grands succès ont souvent été accompagnés par des VCs qui se sont spécialisés dans le domaine de l’Internet. Les investissements sont souvent massifs dès les premières années. À titre d’exemple, Kleiner Perkins Caufield & Byers vient d’investir 400 millions de dollars dans Twitter, tandis que Sequoia Capital vient de participer à un tour de table de 250 millions de dollars pour le développement d’Airbnb.

La valorisation des start-up s’envole, ce qui explique les sommes très importantes qu’injectent les fonds américains, alors même que certaines d’entre elles n’ont pas trouvé leur business model. Ainsi, Accel Partners était présent dès 2009 lors d’une levée de fonds par Groupon de 30 millions de dollars. En 2011, la même entreprise levait 950 millions de dollars auprès d’une dizaine d’investisseurs, parmi lesquels Andreesen Horowitz et Kleiner Perkins Caufield & Byers. Les fonds américains sont de véritables institutions comme en témoigne le nombre impressionnant d’entreprises qui composent leurs portefeuilles. Andreessen Horowitz se concentre aussi sur une cinquantaine de start-up seulement, mais ce sont toutes des poids lourds du secteur.

Les business angels savent prendre des initiatives

Avant l’arrivée massive des fonds, les start-up les plus avant-gardistes sont soutenues dans un premier temps par quelques business angels,. C’est le cas pour Square, qui a d’abord levé une dizaine de millions de dollars auprès de personnalités emblématiques de Palo Alto, comme Marissa Mayer, Dennis Crowley ou Ron Conway, avant de lever 27,5 millions de dollars auprès de Sequoia Capital, puis cent millions de dollars auprès de Kleiner Perkins Caufield & Byers.

Ce sont parfois d’anciennes start-up, devenues multinationales, qui jouent elles-mêmes le rôle d’investisseurs. Ce fut le cas d’Amazon pour eHarmony, à hauteur de 400 millions d’euros, ou encore de Google pour Zynga (300 millions de dollars avec Softbank). Le financement des start-up aux États-Unis trouve son efficacité dans une capacité à s’adapter à ce type d’entreprise et à leur système particulier de croissance. Ainsi on a pu voir l’émergence aux États-Unis de petits fonds, baptisés « superangels », qui répondent à des besoins de financement faibles, adaptés aux très jeunes entreprises.

Parallèlement, l’instabilité des marchés financiers a abouti à un recul des entrées en bourses (IPO) des start-up, auparavant quasiment automatiques. Des « mégafonds », dotés d’importantes réserves, se sont alors constitués pour pallier la raréfaction des IPO. Les investissements effectués par ces mégafonds sont d’un style nouveau. En plus de l’achat de nouvelles actions de l’entreprise, ils procèdent au rachat d’une partie des actions déjà existantes de l’entreprise sur les seconds marchés.

Les fonds français manquent de moyen

En France, le capital risque n’a pas connu le même engouement si bien que le secteur demeure faible. Les « financements d’ensemencement » et de démarrage manquent cruellement, les investisseurs préférant se focaliser sur le capital développement pour limiter leur risque. En agissant ainsi, ils se privent d’un meilleur retour sur investissement qu’aurait généré un soutien plus tôt dans la vie de l’entreprise.

La prospection en France, contrairement à ce qui se fait depuis longtemps aux États-Unis, n’est pas tournée vers les PME en phase de démarrage. Cette relative passivité des investisseurs est d’autant plus dommageable que les entrepreneurs français ont de sérieux atouts, comme le montre le succès de Vente-privée.com. Elle a aussi des conséquences sur le développement des start-up françaises qui par manque de moyens sont contraintes de se faire racheter par des grands groupes internationaux.
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