88 % des entreprises de l’indice ont mis en place au moins un objectif climat dans la politique de rémunération de leur dirigeant, selon un baromètre IFA, Ethics&Boards et Chapter Zero France. Si la tendance va dans le bon sens, les groupes ont encore une marge de progression.

La Cop 28 s’ouvre ce jeudi 30 novembre. Les experts espèrent que cet événement sera l’occasion d’accélérer la lutte contre le changement climatique. Au-delà des mesures qui seront prises, ou non, par les pays, le secteur privé continue d’avancer sur la question. Parmi les nombreux outils à sa disposition : les objectifs climatiques inscrits dans la rémunération des dirigeants des grandes entreprises. Afin de mesurer les avancées en la matière, l’Institut français des administrateurs (l’IFA), Ethics&Boards et Chapter Zero France dévoilent la troisième édition de leur baromètre sur le sujet.

 Prise de conscience

Bonne nouvelle : 88 % des entreprises du SBF 120 ont mis en place au moins un objectif climat/environnement court ou long-terme dans la politique de rémunération de leur dirigeant. Un chiffre en hausse de 8 points par rapport à l’édition 2022. En tout 105 entreprises ont opté pour ce mécanisme, contre 95 un an plus tôt. Ce qui démontre "une prise de conscience et une responsabilité accrue face à l’urgence climatique", est-il écrit en préambule de l’étude.

Par ailleurs, pour la première fois, plus de la moitié des entreprises (53 %, + 10 points sur un an) intègrent à la fois un critère climat/environnement à court et à long-terme. Elles sont également une majorité (54 %, + 9 points) à utiliser des critères quantitatifs comme indicateur long-terme de la rémunération du patron.

"L’intégration d’objectifs climat dans la rémunération variable annuelle et/ou de long terme des CEO du SBF120 progresse significativement cette année et devient une pratique quasi générale des grandes entreprises françaises, constate Floriane de Saint-Pierre, fondatrice d’Ethics&Boards. Ceci témoigne de l’engagement des dirigeants sur ce sujet. Néanmoins, les objectifs climat ne représentent en moyenne que 6,3 % (vs 5,6 % en 2022) des conditions des performances du variable annuel, ce qui constitue un axe de progrès."

Une performance douteuse ?

Sur le court-terme, la tendance va aussi dans le bon sens et les objectifs climat court-terme fixés en 2022 ont atteint un taux de réalisation de 112,6 %. "Cette surperformance constatée depuis deux ans dans un contexte de hausse des émissions de gaz à effet de serre, questionne deux aspects : l’ambition des objectifs fixés par rapport à la trajectoire de décarbonation attendue pour 2030 d’une part, la pertinence des indicateurs choisis d’autre part", estiment les auteurs de l’étude. Afin de les faire progresser, l’IFA, Ethics&Boards et Chapter Zero France proposent aux entreprises d’aligner le niveau des réalisations des critères de performance avec leur plan de transition et leurs objectifs pour 2030. Prochain bilan dans un an.

Olivia Vignaud

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