L'entreprise créée en 1964 par Jean Baudelet est depuis 2018 entre les mains de ses deux petits-enfants, Caroline et Jean-Baptiste Poissonnier. Le binôme a trouvé le bon équilibre pour diriger le groupe familial dont il est en train de diversifier les activités. Retour sur leur success-story.

2018, Baudelet Environnement est emmené par un duo. Deux directeurs généraux un peu spéciaux puisqu’ils sont liés par le sang. Caroline et Jean-Baptiste Poissonnier ont pris la tête de l’entreprise familiale créée en 1964 par leur grand-père, Jean Baudelet, et spécialisée dans la collecte, le traitement et la valorisation des déchets. Une ascension qui s’est déroulée progressivement, le frère et la sœur ayant rejoint jeunes la société.

Si Jean-Baptiste savait depuis longtemps qu’il entendait dérouler sa carrière dans le groupe, Caroline, elle, n’avait pas de certitudes sur le sujet. Elle disposait, en revanche, d’une conviction quant au timing : si son frère voulait rapidement intégrer Baudelet Environnement, il n’était pas envisageable qu’elle décide de débarquer dix ans plus tard. "Dans les entreprises familiales, il y a deux écoles : ceux qui intègrent tôt la société et montent doucement dans l’organigramme jusqu’à prendre des postes de direction, et ceux qui vont travailler dix ou quinze ans à l’extérieur et qui arrivent à un poste élevé, énonce Caroline Poissonnier. Dans les deux cas, il y a de très beaux exemples de réussites mais aussi d’échecs, poursuit-elle. Je n’ai pas d’école mais je suis convaincue qu’il faut que tout le monde fasse pareil."

Chacun son rôle

Les rôles se répartissent en bonne intelligence. Jean-Baptiste s’est occupé du "dedans/ maintenant" (exploitation du groupe et des sujets court-terme) et Caroline du "dehors/ demain" (réseaux, rayonnement médiatique, vision long-terme). Un système complémentaire qui évolue avec le temps et l’appétence de chacun. Dorénavant, l’ingénieur s’intéresse surtout à la branche environnement quand la diplômée d’école de commerce s’occupe des branches énergie et commerce.

"La famille passera toujours avant le business"

Leur père, Bernard Poissonnier, et leur mère, Catherine Baudelet-Poissonnier – qui avaient repris l’entreprise en 1982 – ont eu l’intelligence de se mettre en retrait de l’opérationnel au bon moment. Ce qui n’empêche pas les quatre entrepreneurs d’avoir sanctuarisé deux déjeuners par mois pour échanger sur les sujets liés à l’entreprise. "La famille passera toujours avant le business, confie Caroline Poissonnier. Si une décision peut nous opposer, nous ne la prendrons pas."

Diversifier et rayonner

L’importance de ce lien se retrouve dans le logo de Baudelet Environnement, qui prend la forme d’un arbre. "Les racines, ce sont la famille, l’arbre l’environnement et les branches nos différents métiers." Des métiers qui ont évolué avec le temps. À l’origine, Jean Baudelet, qui avait monté une société spécialisée dans le domaine des ferrailles et des métaux – matières sujettes aux fluctuations de cours –, s’intéresse progressivement à "une activité plus stable" : la collecte et le traitement des déchets industriels et des ordures ménagères. Au fur et à mesure, la liste des détritus que le groupe peut valoriser s’allonge : déchets ultimes, inertes, dangereux. Tout en se lançant dans leur transport et la maintenance.

"Nous souhaitons être un acteur rayonnant sur notre territoire, souligne Caroline Poissonnier. Nous ne nous inscrivons pas dans les modèles d’entreprises ultra-croissantes qui lèvent de la dette pour grandir. Nous tenons à notre caractère indépendant et familial comme à la prunelle de nos yeux. D’où notre croissance raisonnable." En 2022, le groupe affichait néanmoins 180 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 138 millions en 2018 et 85 millions en 2015.

La diversification se poursuit. Car, pour Caroline Poissonnier, c’est quand une entreprise va bien qu’il faut la faire évoluer. "Les déchets sont des ressources. Si l’on ne peut pas en faire de la matière, on les transforme en énergie." Baudelet Environnement a aussi acheté une société qui revend du carton recyclé aux industriels et commerçants et investit dans une autre spécialiste du photovoltaïque. Par ailleurs, le groupe développe une branche à partir des magasins de fournitures industriels mis sur pied par le frère de Jean Baudelet et racheté par le groupe. Et pour la suite ? "Nos enfants choisiront leur voie mais s’ils sont intéressés par l’entreprise familiale, celle-ci disposera de suffisamment de branches d’activités pour que chacun puisse s’y épanouir." Avis aux quatre cousins, âgés, pour l’instant, de 3 à 12 ans.

Olivia Vignaud

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