Selon une étude BVA pour la Fondation Jean-Jaurès et la Macif, les 18-24 ans sont davantage attirés par les entreprises locales et françaises que par les groupes étrangers et le CAC 40. Ils recherchent des emplois alignés avec leurs valeurs.

Le rapport des jeunes à l’entreprise est un vaste sujet qui fait régulièrement couler de l’encre. Plutôt que de spéculer sur leurs aspirations, depuis trois ans l’institut BVA Xsight mène un sondage auprès de 18-24 ans pour le compte de la Fondation Jean-Jaurès et de la Macif afin d’en savoir plus sur leurs attentes et la manière dont ils se projettent dans l’avenir professionnel. Si la jeunesse s’inquiète toujours face à l’entrée dans le monde du travail, 72 % des 1 000 sondés se déclarent optimistes pour l’avenir, même s’ils pensent (à 48 %) que leur manque d’expérience sera le principal frein pour trouver leur premier emploi.  

Stabilité

À quoi ressemble pour eux l’entreprise idéale ? La moitié des interviewés veulent rejoindre une société française ou locale, contre seulement 12 % qui se verraient dans un groupe du CAC 40 et 10 % dans une entreprise étrangère. Leurs principales attentes par rapport au travail : avoir un poste bien payé (43 %) et qui leur permette de disposer de temps libre pour leur vie personnelle (35 %, + 5 points sur un an).

Les jeunes s’avèrent également traversés par des craintes. Celles, dans le contexte inflationniste que l’on connaît, de ne pas gagner assez d’argent (50 %, + 4 points) mais aussi celle de s’ennuyer (36 %). "L’argent est donc le facteur de stabilité par excellence, l’élément rassurant pour se projeter dans l’avenir dans une période parfois instable et incertaine", résume Jérémie Peltier, de la Fondation Jean-Jaurès. Cette quête de stabilité n’empêche pas les sondés de souhaiter une part de mobilité : 43 % se voient changer régulièrement de métier tout au long de leur vie, contre 33 % qui s’imaginent exercer le même jusqu’à la retraite.

Autonomie

Alors que le télétravail commence à être remis en cause par certaines entreprises, la majorité des jeunes voudraient avoir la possibilité de télétravailler de manière partielle (52 %, + 8 points). "A contrario, très peu de jeunes plébiscitent les modèles comme les tiers-lieux de travail (19 %), les espaces de coworking (18 %) ou encore le flex office (16 %), souligne Jérémie Peltier. Confirmation donc (s’il en fallait) que le modèle plébiscité par les jeunes est un modèle hybride, composé de télétravail et de présence au bureau."

Principales causes sur lesquelles ils veulent voir leur entreprise travailler : l’environnement et l’égalité entre les hommes et les femmes 

Autre enseignement de l’étude : la reconnaissance est toujours un élément important aux yeux de cette population. "Ainsi, quand on demande aux jeunes de dépeindre leur manager idéal, celui-ci doit être capable de créer un environnement de travail épanouissant (31 %), juste devant la capacité à reconnaître le travail accompli (27 %), poursuit Jérémie Peltier dans sa note d’analyse. S’agissant de la reconnaissance, il est intéressant de noter un autre élément en progression cette année : la demande de prise en compte des singularités des individus."

Engagement

Les jeunes se montrent également attachés aux valeurs portées par l’entreprise et souhaitent un engagement sincère de leur part. Alors que 37 % d’entre eux considéraient que l’un des rôles principaux d’une entreprise en 2021 était d’être utile à la société, ils sont 41 % aujourd’hui. "Ce phénomène est intéressant dans la mesure où il confirme l’émergence de discours et de positionnements plus politiques ces dernières années chez un certain nombre de grandes marques et de grandes enseignes, ayant compris qu’il y avait là une place à prendre laissée vacante par les responsables politiques, comme l’a parfaitement analysé Raphaël Llorca dans son dernier livre", commente Jérémie Peltier.

Principales causes sur lesquelles ils veulent voir leur entreprise travailler : l’environnement (32 %) et l’égalité entre les hommes et les femmes (27 %, plus 4 points). Ils déplorent à 29 % (plus 5 points) le manque d’alignement des valeurs prônées par les employeurs avec celles qu’ils revendiquent personnellement. Avis aux recruteurs.

Olivia Vignaud

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